Un swap, suite et fin

J’ai manqué de temps pour présenter ici plus tôt le colis que j’ai envoyé à Fée Clochette dans le cadre du Swap d’été organisé par Armalite. Pas évident pour moi, le paquet en question, parce que d’une part ma destinataire avait choisi pour thème deux couleurs qui ne sont pas forcément spontanées pour moi (rose et crème). Et que d’autre part, d’après ce que j’avais pu saisir de ses goûts, nous nous ressemblons assez peu. Mais bon, tata Nekkonezumi aime les challenges… et comme toutes les participantes j’avais vraiment à cœur de ne pas me planter et de lui faire plaisir. Parce que rapidement, ce qui m’est un peu apparu au début comme un petit casse-tête est devenu un plaisir. Le résultat, que j’espère réussi : un bric-à-brac bien girly, tantôt chic tantôt tendre avec une touche d’humour et pas mal de gourmandises régressives.

Petit listing :

- trouvés à Séguret en Provence pendant le séjour à Orange, un bracelet en liberty qui n’est pas visible car trop joliment emballé ; provenant d’un salon de thé absolument terrible, la maison d’Églantine (je bave rien qu’en repensant aux gâteaux), un pot de confit de pétales de rose, du thé et un kit pour un riz au lait au caramel.
- deux sets de tables (un rose et un crème) damassés en coton et lin dénichés en Italie.
- un mot écrit en rose sur une carte avec une recette de madeleines.
- un porte-monnaie en paille avec une mini-perlouze qui brille dans un coin acheté Chez Mademoiselle, une boutique que j’aime beaucoup à Toulouse.
- la compilation “rose” de Béatrice Ardisson, Love From Jaïpur, avec ses reprises exotico-lounge.
- un savon au lait d’ânesse pour jouer à Cléopâtre.
- une boule à neige/étoiles contenant un lapin ailé et nacré dans laquelle on peut glisser une photo.
- des guimauves de chez Puyricard, roses et crème, forcément.
- un étui (ou une fourre si tu es suisse, n’est-ce pas Funambuline ?) pour passeport, histoire d’avoir envie de partir en voyage.
- des post-it roses de coquine.
- des sucres en forme de cœur très “Marie-Antoinette”.
- des serviettes en papier lapinisées.
- une petite boîte à ce-qu’on-veut contenant un timbre en forme de patte de bête (de chat, parce que je l’ai décidé ainsi) et de l’encre rose.
- un scotch à pois roses.
- un portefeuille Fiona Hewitt que je lorgne vois dans les affaires de mon amie Frizzy depuis quelques temps déjà (non, je ne vole pas dans le sac des dames, c’est un tout neuf, quand même, enfin !). C’est sans doute l’objet le plus risqué et stylé du lot, mais celui qui me plait peut-être le plus par son grain de folie à la fois exotique, rétro, original et un peu enfantin.
- et un jeu de mots pour finir avec de la crème, oui… mais de marrons. Artisanale et ramenée d’Ardèche parce qu’on ne la trouve pas ailleurs. Miam !

Bon, en tout cas j’espère avoir été une swapeuse honnête, d’autant plus que j’ai été une swapée ravie. L’expérience m’aura à la fois permis de jouer à la Mère Noël en plein été ET de déballer les cadeaux comme une gamine surexcitée.

Des petits bonheurs précieux, je trouve.

Un peu de génétique

[attention, cliché inside]

Bon, on refait pas le topo chromosomique : si tu est classée XX, tu es une fille. Si en revanche tu peux envisager 60 points au scrabble (le mot compte triple est dégagé et il y a un A à côté) sans avoir un joker parce que tu possèdes un X et un Y et que tu as l’idée saugrenue (ça s’appelle tricher) de prétendre que yx ou xy c’est un mot, tu es sans aucun doute un garçon.

Ça c’est une histoire de composantes dans la machine, on n’y change pas grand chose. Après, il y a des filles qui n’ont jamais de salade dans leur frigo mais qui ne manquent jamais de bière fraîche. Ou qui n’arrivent pas trop à porter du rose, mais qui quand même continuent à avoir envie de s’offrir des rongeurs en peluche (ça doit être parce qu’au microscope, le chromosome X est velu), mais je ne vois pas du tout de qui on parle.

Et puis apparemment il y a la génétique du shopping.

Exemple en situation : extérieur nuit tombante, un homme ami et  une femme (je moi-même) déambulent à travers les rues en quête d’un repaire pour se goinfrer de délices et abuser de bon petit vin dîner. Une vitrine attire le regard de la fille : tu imagines, des chaussures rouges ! Et là (attention ça va très vite)…

(elle) -  Elles sont vraiment très marrantes, ces chaussures !

(lui)   -  Tiens, une mouette morte !

Trois petits points (et une bonne rigolade aussi conne que jointe), donc…

Du coq à l’âne et des chromosomes aux hormones : je dois quand même avouer que franchement, si j’avais su que de toute façon je ne pourrais pas assurer les concerts Brahms de fin mai-début juin pour cause de bobo cervical, j’aurais volontiers séché la répétition du 25 au soir pour aller assouvir un vieux fantasmer jarvis cockerien, moi. Quand même, Pulp… j’en pleure encore d’avoir manqué ça, tu sais ?

Pulp au Bikini le 25 mai 2011 – Pink Glove

L’improbable légèreté de l’air

J’ai un aveu à faire : je n’aime pas toujours la musique que je travaille et joue.

Avec une aversion particulière pour les œuvres très romantiques et très sucrées : la crème chantilly, je trouve ça indigeste. Voilà donc une semaine que je craignais un peu le concert d’hier soir, avec son Lac des cygnes sans danseurs pour supporter une bande son que j’ai toujours trouvé assez caricaturale, car uniformément déguisée en meringue. Et trop théâtrale aussi. En deux mots, trop trop, quoi.

La cerise sur le gâteau rose bonbon étant la retransmission du concert en direct sur Radio Classique, puisque cela signifie que même si on n’accroche pas au style, il faut donner suffisamment de soi-même pour réussir à servir le gâteau en question à un potentiel public élargi. Un auditoire qui n’a même pas la possibilité de compter les paires de lunettes, les contrebasses ou les archets à l’envers pour se distraire quand il décroche un peu, l’horreur, quoi !

Je me demande toujours à quel phénomène étrange tient le fait qu’un concert dépote comme celui d’hier ou pas. C’est vrai, les instrumentistes qui étaient à découvert (du trompettiste au violoncelliste en passant par le hautboïste, la harpiste et puis notre violon solo, ah, pâmoison !!) ont tous été exceptionnels. Mais en plus,  j’ai à nouveau éprouvé cette sensation que nous étions presque entrés en fusion avec notre chef. Oui, hier soir, le patron s’est une fois de plus mué en alchimiste qui a réussi à transformer du sucre en or : légère, tonique, brillante, musclée, sensible, cette musique dont je craignais la pesanteur comme la peste a réussi à nous emmener haut, tellement haut… à mon avis c’est mille fois plus efficace que de fumer des champignons.

Et puis aujourd’hui, nous avons attaqué la préparation d’une pièce que j’ai personnellement classé au rayon des saucissons. Je me raccroche donc au souvenir du plaisir d’hier, je me vautre dedans comme si ma vie en dépendait (oui parce que tout ça c’est bien gentil mais c’est énergivore à en crever, et aujourd’hui mes muscles surmenés crient grâce). Je me promets surtout de ne jamais oublier que décidément, avec ce métier, tout peut arriver.

Du coup, j’en deviens désuète, j’ai même mitraillé mes pivoines façon David Hamilton !

(celle-ci est passée par  Tiny Planets)

Sous le soleil exactement #1

Bien, maintenant que grâce à Funambuline et son remède anti-démangeaisons j’ai retrouvé le sommeil et l’usage de mes mains (même si mes jambes ressemblent toujours à une amanite tue-mouche en négatif), je vais pouvoir enfin vous rebattre les oreilles de mes belles belles belles vacances en Martinique. Mais, je le jure, c’est pour mieux vous ensoleiller, mes enfants.

Avec Lucette, on en a vu des choses en arpentant les plages ! Même qu’on en a vu qu’on aurait préféré ne pas voir (oui, messieurs les àpoilistes, évitez de vous vautrer sur le dos au beau milieu des chemins de randonnée côtière, parce que primo c’est bien la peine d’accaparer les jolies plages désertes si c’est pour faire ça, et secundo à ce moment-là, la frontière entre naturisme et exhibitionnisme se rétrécit sauvagement ). Mais surtout, dans les endroits les plus fréquentés, nous avons retrouvé quelques people plus ou moins fictifs en vacances.

Le seul non-retraité de la bande était un Pirate des Caraïbes cherchant désespérément son bateau à l’horizon.

Mais donc, en exclusivité pour vous : Sa Majesté la reine, nue dans son hamac. Attention, toujours avec un chapeau (oui, ok, elle est pas encore en retraite non plus, mais osez dire qu’elle n’a pas l’âge).

On reconnait bien Barbie à ses couleurs fétiches. Mais j’étais loin de me douter qu’elle était presbyte à ce point-là (à seulement 52 berges, si c’est pas malheureux… aucun doute : le rose bonbon, c’est pas juste moche, ça conserve mal !)

Et puis surtout Superman, qui a tombé ses collants bleus mais gardé son slip rouge. Un peu replet, mais en pleine forme, il semble avoir toujours autant de problèmes pour maîtriser sa force. Sacré Clark !

Maintenant je me dis que c’est dommage : si on était restées 2 minutes de plus, on assistait à un meurtre par cocotier !

Pures âneries (sans la peau)

Grâce à Bulles d’infos, j’ai décidé hier soir de remettre le museau dans une chose à laquelle je n’avais pas goûté depuis… ouuuh, au moins avant 1981, tiens ! Une chose que j’avais d’abord connue toute pitite grâce à mon livre compilant les contes de Perrault : Peau d’âne, recolorisé par Jacques Demy. Par le très petit bout de la lorgnette, voyons donc ce que nous avons là.

Alors ça commence mal parce que j’avais oublié que Michel Legrand faisait partie de la soirée, et moi je le trouve un peu pompeux, Michel. En plus, pour la circonstance il donne dans le néo-classique, donc mon nez se tord… mais finalement, le style colle plutôt bien à l’image, je finis vite par oublier le son. Car il faut dire que du côté de la vue, on en a pour son argent ! Mais donc :

C’est l’histoire du roi des schtroumpfs qui a tout en bleu chez lui, même les gens, sauf son trône qui est un gros faux chat blanc en poil de polyester sauvage. C’est un gros pervers qui veut coucher avec sa fille parce qu’elle est belle comme sa mère. Il a des goûts très spéciaux et ne porte les bottes et les gants mappa que s’ils sont recouverts de paillettes argentées ; oui, c’est un garçon un peu baroque, mais bon, quand même, un sacré cochon. La fille ne vaut pas mieux, parce que si sa marraine La Poinçonneuse Fée des Lilas ne l’envoyait pas se faire voir ailleurs, elle se laisserait volontiers faire en chantant “My heart belongs to daddy” !

Pour calmer ses poussées d’hormones (et pour mieux se taper son père), Madame La Fée la fait s’enfuir dans un carrosse emplumé comme un oreiller allergène pour aller se planquer à la campagne sous la peau de l’âne qui crottait du fric (tu es perdu ? Je me demande comment c’est possible…). Là, la gamine décore son intérieur comme celui de Barbie Pouffeprincesse, sauf que c’est une grosse sale : elle a oublié son déodorant Narta (et ça se voit), et elle néglige son épilation. Heureusement qu’elle est blonde, et que ça ne se voit pas trop, parce que soudain, un prince coiffé comme un playmobil la remarque. Lui, dans son royaume, tout est rouge : pratique pour la demoiselle, ça lui évitera d’autres problèmes d’œdipe. Il est d’un naturel capricieux, et se met à faire tout un caprice pour une tranche de cake. Elle lui envoie un SMS codé sous forme de bague, mais sans ses coordonnées GPS, donc il rame un peu pour la retrouver, mais tout finit bien, en blanc, avec un hélicoptère et un éléphant. On constate que Gustave Doré est nul, parce qu’il a oublié l’hélicoptère.

On l’aura compris, Peau d’âne est un incroyable fatras bling-kitsch plutôt délirant. Au-delà du fait que les standards esthétiques associés au chic ne sont pas vraiment les miens (le baroque de Valérie Damidot au château, ça fait mal), une fois passée l’impression que Jacques Demy ne fumait que de la bonne, j’ai redécouvert un film pour enfants très spécial. La fée dont “les charmes s’affaiblissent” incarnée par Delphine Seyrig  est délicieusement provocatrice et sexy, l’inceste expliqué aux enfants en chanson vaut son pesant de moutarde, tout comme la scène de l’essayage de la bague à la fin.

Finalement, la grande croqueuse de conte de fées que je suis y a retrouvé tous les excès de ses lectures : du morbide au trop joli, le réalisateur ne fait finalement que mettre ces atmosphères bizarres en images . Et au lieu de s’aider de la fiction du dessin comme Walt Disney, il le fait avec des vraies gens. Le résultat tient bien la route, même s’il marche moins que droit, même s’il carbure aux champignons hallucinogènes, même si on y enterre les gens dans des bulles de savon. Et je te jure que c’est vrai : c’est une bouche cachée dans le cœur d’une rose qui me l’a dit.

Petit avertissement : non, Peau d’âne n’est pas un film avec Marilyn Deneuve et Yves Marais.