Ils jouaient du piano debout

Comment sauter des fleurs au piano comme on saute du coq à l’âne ?

Très simple : poster une photo d’un bouquet de pivoines qui commence à mourir, parce qu’il n’y a rien de plus mousseux, touffu, beau et délicatement odorant (ce qui ne se voit pas à l’image, je sais) et que décidément j’aime j’adore j’adule les pivoines. Même roses.

Et enchaîner sans aucune transition (par pure flemme) sur la découverte sympa du jour.

cdza, Pianists in Paris

Hanami qui vous fait du bien

À défaut d’avoir jamais vécu la fête de l’hanami au Japon, j’aurais pu admirer les arbres en fleurs de l’arboretum de Bute Park à Cardiff. Nous français, bêtes qu’on est, je ne comprends pas pourquoi nos villes ne sont pas plus aménagées autour de parcs gigantesques comme celui-là tellement c’est bon pour le moral pour l’Être. Avec en plus des écureuils mignons qui posent ça et là, une bonne odeur de vert subtilement fleuri et un printemps aussi beau que celui qui nous suit depuis le début de la tournée : le rêve.

Donc pour l’hanami gallois (hwannhamwy ?),  on aura vu quelques camélias, plein de magnolias et beaucoup beaucoup de sakura.

Mon seul souci après cette journée de de repos d’une zénitude totale, c’est qu’entre les magnolias et le fait qu’aujourd’hui on quitte Cardiff pour aller faire un tour du côté de Sheffield, je me retrouve avec deux chansons insupportables dans le crâne pour le prix d’une.

Un swap, suite et fin

J’ai manqué de temps pour présenter ici plus tôt le colis que j’ai envoyé à Fée Clochette dans le cadre du Swap d’été organisé par Armalite. Pas évident pour moi, le paquet en question, parce que d’une part ma destinataire avait choisi pour thème deux couleurs qui ne sont pas forcément spontanées pour moi (rose et crème). Et que d’autre part, d’après ce que j’avais pu saisir de ses goûts, nous nous ressemblons assez peu. Mais bon, tata Nekkonezumi aime les challenges… et comme toutes les participantes j’avais vraiment à cœur de ne pas me planter et de lui faire plaisir. Parce que rapidement, ce qui m’est un peu apparu au début comme un petit casse-tête est devenu un plaisir. Le résultat, que j’espère réussi : un bric-à-brac bien girly, tantôt chic tantôt tendre avec une touche d’humour et pas mal de gourmandises régressives.

Petit listing :

- trouvés à Séguret en Provence pendant le séjour à Orange, un bracelet en liberty qui n’est pas visible car trop joliment emballé ; provenant d’un salon de thé absolument terrible, la maison d’Églantine (je bave rien qu’en repensant aux gâteaux), un pot de confit de pétales de rose, du thé et un kit pour un riz au lait au caramel.
- deux sets de tables (un rose et un crème) damassés en coton et lin dénichés en Italie.
- un mot écrit en rose sur une carte avec une recette de madeleines.
- un porte-monnaie en paille avec une mini-perlouze qui brille dans un coin acheté Chez Mademoiselle, une boutique que j’aime beaucoup à Toulouse.
- la compilation "rose" de Béatrice Ardisson, Love From Jaïpur, avec ses reprises exotico-lounge.
- un savon au lait d’ânesse pour jouer à Cléopâtre.
- une boule à neige/étoiles contenant un lapin ailé et nacré dans laquelle on peut glisser une photo.
- des guimauves de chez Puyricard, roses et crème, forcément.
- un étui (ou une fourre si tu es suisse, n’est-ce pas Funambuline ?) pour passeport, histoire d’avoir envie de partir en voyage.
- des post-it roses de coquine.
- des sucres en forme de cœur très "Marie-Antoinette".
- des serviettes en papier lapinisées.
- une petite boîte à ce-qu’on-veut contenant un timbre en forme de patte de bête (de chat, parce que je l’ai décidé ainsi) et de l’encre rose.
- un scotch à pois roses.
- un portefeuille Fiona Hewitt que je lorgne vois dans les affaires de mon amie Frizzy depuis quelques temps déjà (non, je ne vole pas dans le sac des dames, c’est un tout neuf, quand même, enfin !). C’est sans doute l’objet le plus risqué et stylé du lot, mais celui qui me plait peut-être le plus par son grain de folie à la fois exotique, rétro, original et un peu enfantin.
- et un jeu de mots pour finir avec de la crème, oui… mais de marrons. Artisanale et ramenée d’Ardèche parce qu’on ne la trouve pas ailleurs. Miam !

Bon, en tout cas j’espère avoir été une swapeuse honnête, d’autant plus que j’ai été une swapée ravie. L’expérience m’aura à la fois permis de jouer à la Mère Noël en plein été ET de déballer les cadeaux comme une gamine surexcitée.

Des petits bonheurs précieux, je trouve.

Un peu de génétique

[attention, cliché inside]

Bon, on refait pas le topo chromosomique : si tu est classée XX, tu es une fille. Si en revanche tu peux envisager 60 points au scrabble (le mot compte triple est dégagé et il y a un A à côté) sans avoir un joker parce que tu possèdes un X et un Y et que tu as l’idée saugrenue (ça s’appelle tricher) de prétendre que yx ou xy c’est un mot, tu es sans aucun doute un garçon.

Ça c’est une histoire de composantes dans la machine, on n’y change pas grand chose. Après, il y a des filles qui n’ont jamais de salade dans leur frigo mais qui ne manquent jamais de bière fraîche. Ou qui n’arrivent pas trop à porter du rose, mais qui quand même continuent à avoir envie de s’offrir des rongeurs en peluche (ça doit être parce qu’au microscope, le chromosome X est velu), mais je ne vois pas du tout de qui on parle.

Et puis apparemment il y a la génétique du shopping.

Exemple en situation : extérieur nuit tombante, un homme ami et  une femme (je moi-même) déambulent à travers les rues en quête d’un repaire pour se goinfrer de délices et abuser de bon petit vin dîner. Une vitrine attire le regard de la fille : tu imagines, des chaussures rouges ! Et là (attention ça va très vite)…

(elle) -  Elles sont vraiment très marrantes, ces chaussures !

(lui)   -  Tiens, une mouette morte !

Trois petits points (et une bonne rigolade aussi conne que jointe), donc…

Du coq à l’âne et des chromosomes aux hormones : je dois quand même avouer que franchement, si j’avais su que de toute façon je ne pourrais pas assurer les concerts Brahms de fin mai-début juin pour cause de bobo cervical, j’aurais volontiers séché la répétition du 25 au soir pour aller assouvir un vieux fantasmer jarvis cockerien, moi. Quand même, Pulp… j’en pleure encore d’avoir manqué ça, tu sais ?

Pulp au Bikini le 25 mai 2011 – Pink Glove

L’improbable légèreté de l’air

J’ai un aveu à faire : je n’aime pas toujours la musique que je travaille et joue.

Avec une aversion particulière pour les œuvres très romantiques et très sucrées : la crème chantilly, je trouve ça indigeste. Voilà donc une semaine que je craignais un peu le concert d’hier soir, avec son Lac des cygnes sans danseurs pour supporter une bande son que j’ai toujours trouvé assez caricaturale, car uniformément déguisée en meringue. Et trop théâtrale aussi. En deux mots, trop trop, quoi.

La cerise sur le gâteau rose bonbon étant la retransmission du concert en direct sur Radio Classique, puisque cela signifie que même si on n’accroche pas au style, il faut donner suffisamment de soi-même pour réussir à servir le gâteau en question à un potentiel public élargi. Un auditoire qui n’a même pas la possibilité de compter les paires de lunettes, les contrebasses ou les archets à l’envers pour se distraire quand il décroche un peu, l’horreur, quoi !

Je me demande toujours à quel phénomène étrange tient le fait qu’un concert dépote comme celui d’hier ou pas. C’est vrai, les instrumentistes qui étaient à découvert (du trompettiste au violoncelliste en passant par le hautboïste, la harpiste et puis notre violon solo, ah, pâmoison !!) ont tous été exceptionnels. Mais en plus,  j’ai à nouveau éprouvé cette sensation que nous étions presque entrés en fusion avec notre chef. Oui, hier soir, le patron s’est une fois de plus mué en alchimiste qui a réussi à transformer du sucre en or : légère, tonique, brillante, musclée, sensible, cette musique dont je craignais la pesanteur comme la peste a réussi à nous emmener haut, tellement haut… à mon avis c’est mille fois plus efficace que de fumer des champignons.

Et puis aujourd’hui, nous avons attaqué la préparation d’une pièce que j’ai personnellement classé au rayon des saucissons. Je me raccroche donc au souvenir du plaisir d’hier, je me vautre dedans comme si ma vie en dépendait (oui parce que tout ça c’est bien gentil mais c’est énergivore à en crever, et aujourd’hui mes muscles surmenés crient grâce). Je me promets surtout de ne jamais oublier que décidément, avec ce métier, tout peut arriver.

Du coup, j’en deviens désuète, j’ai même mitraillé mes pivoines façon David Hamilton !

(celle-ci est passée par  Tiny Planets)