Un peu de génétique

[attention, cliché inside]

Bon, on refait pas le topo chromosomique : si tu est classée XX, tu es une fille. Si en revanche tu peux envisager 60 points au scrabble (le mot compte triple est dégagé et il y a un A à côté) sans avoir un joker parce que tu possèdes un X et un Y et que tu as l’idée saugrenue (ça s’appelle tricher) de prétendre que yx ou xy c’est un mot, tu es sans aucun doute un garçon.

Ça c’est une histoire de composantes dans la machine, on n’y change pas grand chose. Après, il y a des filles qui n’ont jamais de salade dans leur frigo mais qui ne manquent jamais de bière fraîche. Ou qui n’arrivent pas trop à porter du rose, mais qui quand même continuent à avoir envie de s’offrir des rongeurs en peluche (ça doit être parce qu’au microscope, le chromosome X est velu), mais je ne vois pas du tout de qui on parle.

Et puis apparemment il y a la génétique du shopping.

Exemple en situation : extérieur nuit tombante, un homme ami et  une femme (je moi-même) déambulent à travers les rues en quête d’un repaire pour se goinfrer de délices et abuser de bon petit vin dîner. Une vitrine attire le regard de la fille : tu imagines, des chaussures rouges ! Et là (attention ça va très vite)…

(elle) -  Elles sont vraiment très marrantes, ces chaussures !

(lui)   -  Tiens, une mouette morte !

Trois petits points (et une bonne rigolade aussi conne que jointe), donc…

Du coq à l’âne et des chromosomes aux hormones : je dois quand même avouer que franchement, si j’avais su que de toute façon je ne pourrais pas assurer les concerts Brahms de fin mai-début juin pour cause de bobo cervical, j’aurais volontiers séché la répétition du 25 au soir pour aller assouvir un vieux fantasmer jarvis cockerien, moi. Quand même, Pulp… j’en pleure encore d’avoir manqué ça, tu sais ?

Pulp au Bikini le 25 mai 2011 – Pink Glove

Sept Secrets sans mensonges

Il y a environ un siècle, L’azimutée me taguait d’une demande de révélation.

Sept secrets… tu veux dire sept choses que je n’ai pas encore déballées ici, où je raconte déjà ma vie en long en large et en travers ? Oye… Il m’aura fallu un bout pour réfléchir et farfouiller dans ma boîte valise, mais voilà donc ce que j’ai fini par en sortir.

Je suis un escargot.

J’ai l’esprit d’escalier et la répartie d’un mollusque ; le matin je suis un vrai boulet du chronomètre ; j’aime avoir du temps devant moi, et donc fatalement je suis plus ou moins toujours à la bourre. Et c’est pas nouveau, hein… en CM1 déjà, l’institutrice avait inscrit sur mon bulletin ces quelques mots restés fameux dans la légende familiale : “Calcul rapide : élève un peu lente”.

Je possède quelques bouses.

Par exemple, il y a quand même un gars à cause duquel j’ai acheté (et je dis bien acheté) le premier album de James Blunt. Heureusement, je l’ai bien rangé, donc je ne risque pas de marcher dedans.

Je suis légèrement extrême et extrêmement légère.

Entre deux périodes de surexcitation intense et d’agitation folle-furieuse, j’ai une telle capacité à procrastiner et un tel goût pour la contemplation du plafond  avec rêvasserie nuageuse pleine de vide (mon sport préféré) que je me rends compte que ne suis réellement efficace que quand l’échéance est sous mon nez. Et ça s’aggrave violemment avec le temps. Un jour on me retrouvera fossilisée dans ma flemme.

Je viens de réaliser un vieux rêve.

J’aime le rouge, beaucoup. Mais ce que je n’avais jamais eu, et dont auquel je fantasme dessus depuis… depuis ce livre que j’avais quand j’étais une crevette, c’est des chaussures rouges. J’ai reçu il y a peu des ballerines commandées ici et mes pieds sont au paradis rouge.

C’est pas de ma faute si j’aime boire.

Je suis née en Champagne et j’ai grandi en Bourgogne (un des drames de ma vie est de ne pas avoir de cave).

Il y a une partie de l’anatomie masculine qui peut vraiment me faire perdre la tête.

Non non, pas celle-là, bougre de goret(te). Je parle du nez. Et ne me demande pas pourquoi, ni quel genre ni quoi ni qu’est-ce, c’est complètement aléatoire. Un nez que je juge beau peut me faire complètement chavirer.

Je mange des insectes malgré moi.

Quand je marche dans la rue, souvent je décroche. Je ne vois personne, je me perds dans mes pensées, je me détends… à tel point que souvent je déambule la bouche entr’ouverte. Donc régulièrement j’avale des moucherons (encore avant-hier, tiens). Je suis une femme Barbara Gourde insectivore, quoi. Et je te jure c’est pas juste ridicule, mais surtout vraiment dégueulasse.

Si quelqu’un veut jouer avec moi, je le mettrai en lien ici. Et Gaël, le roi de la terrasse, ça le tenterait pas, des fois ?

Sous le soleil exactement #1

Bien, maintenant que grâce à Funambuline et son remède anti-démangeaisons j’ai retrouvé le sommeil et l’usage de mes mains (même si mes jambes ressemblent toujours à une amanite tue-mouche en négatif), je vais pouvoir enfin vous rebattre les oreilles de mes belles belles belles vacances en Martinique. Mais, je le jure, c’est pour mieux vous ensoleiller, mes enfants.

Avec Lucette, on en a vu des choses en arpentant les plages ! Même qu’on en a vu qu’on aurait préféré ne pas voir (oui, messieurs les àpoilistes, évitez de vous vautrer sur le dos au beau milieu des chemins de randonnée côtière, parce que primo c’est bien la peine d’accaparer les jolies plages désertes si c’est pour faire ça, et secundo à ce moment-là, la frontière entre naturisme et exhibitionnisme se rétrécit sauvagement ). Mais surtout, dans les endroits les plus fréquentés, nous avons retrouvé quelques people plus ou moins fictifs en vacances.

Le seul non-retraité de la bande était un Pirate des Caraïbes cherchant désespérément son bateau à l’horizon.

Mais donc, en exclusivité pour vous : Sa Majesté la reine, nue dans son hamac. Attention, toujours avec un chapeau (oui, ok, elle est pas encore en retraite non plus, mais osez dire qu’elle n’a pas l’âge).

On reconnait bien Barbie à ses couleurs fétiches. Mais j’étais loin de me douter qu’elle était presbyte à ce point-là (à seulement 52 berges, si c’est pas malheureux… aucun doute : le rose bonbon, c’est pas juste moche, ça conserve mal !)

Et puis surtout Superman, qui a tombé ses collants bleus mais gardé son slip rouge. Un peu replet, mais en pleine forme, il semble avoir toujours autant de problèmes pour maîtriser sa force. Sacré Clark !

Maintenant je me dis que c’est dommage : si on était restées 2 minutes de plus, on assistait à un meurtre par cocotier !

Un jour pour

- M’arrêter un peu de m’agiter, et par conséquent me rendre compte que je suis vraiment complètement claquée. Le pire, c’est que malgré tout ma vie d’homme d’affaire japonais du moment (à savoir bosser comme un âne/boire comme un cochon/dormir comme un pied) me convient plutôt, je suis même contente d’y retourner demain, au “bureau”, ce qui tombe pas mal vu que je n’ai pas vraiment le choix. La vie est terriblement bien faite !

- Prendre soin du corps moulu et d’après mon docteur ès-os, c’était pas du luxe. Il m’a aussi dit que forcément, me battre contre Gustav et me faire jeter par terre à Saint-Pétersbourg après m’être vautrée sur les fesses en Croatie, ça faisait peut-être 100% VIP mais que je devrais songer à éviter, histoire de ménager mon squelette. Il est taquin, cet homme.

- Me mettre dans l’ambiance de la fin de l’année en allumant mon sapin disco de maison close, agrémenté cette année de quelques jolies pendeloques en bois laqué ramenées comme le bassin déglingué de Russie.

- Monter dans le métro suffisamment longtemps pour prendre le temps de lire plus que 5 minutes d’affilée, en l’occurrence, salle d’attente comprise, une bonne heure. Quelqu’un m’explique pourquoi je ne fais jamais ça chez moi la journée ? J’aurai bientôt terminé ma première expérience avec Nick Hornby et son Juliet, naked, plutôt concluante. Dans la foulée, j’enchaînerai sur une de mes gâteries d’anniversaire, à savoir soit Même les cowgirls ont du vague à l’âme de Tom Robbins, ou (rien, mais rien à voir) Les couleurs de nos souvenirs de Michel Pastoureau, toujours passionnant dans ses analyses sur la symbolique des couleurs, entre autres. Tout espoir n’est pas perdu : je ne mourrai peut-être pas complètement idiote…

- Organiser un petit concours de natation entre mon nouvel animal domestique tout fraichement débarqué d’Australie et un canard. Clairement, mais qui en aurait douté, l’ornithorynque est le meilleur. Pas complètement idiote, mais suffisamment crétine : ouf, l’honneur est sauf !

T’as vu l’avion ?

Il y a de la légèreté éléphantesque dans l’air.

Environ 120 000 visiteurs attendus sur le site, en guise de salle de concert, un hall d’assemblage dont la taille m’échappe (12 terrains de rugby, un truc comme ça) et dont l’écho laisse présager un certain surréalisme dans le rendu sonore. Devant la scène, des tables empruntées à la ville de Munich, sans doute. Et tout ce qu’il faut au cas où on mette le feu…

La logistique ? Draconienne : l’orchestre retenait déjà nos passeports en otage pour les visas russes, voilà que la sécurité d’Airbus nous a piqué nos cartes d’identité en échange d’un badge. Avec un cadre pareil, on imagine facilement la subtilité du répertoire du jour. Ouh, je me demande si je ne veux pas rentrer à la maison avant même d’en être partie, dis donc…

Je vais me concentrer sur l’émerveillement qu’on pourra lire dans les yeux des grands et petits bambins : malgré tout, on amène de la musique classique vivante là où ne l’attend pas, ce qui est toujours positif, même en version best-of. Et demain, comme je suis une grande bourgeoise élitiste qui connait les bonnes formules magique, je n’aurai qu’à jouer du Bach pour me nettoyer les oreilles…

Au pied de la lettre

Je me prosterne aujourd’hui devant un C

Un C comme concours de chant, par exemple ? Sur les douze candidats qui sont venus transpirer leur trac lors de la finale d’hier soir, la moitié est repartie récompensée. J’ai beau savoir que je ne comprendrai rien au palmarès (je pense que le jury doit se baser sur l’intégralité du concours, dont nous n’entendons que le dernier round, enfin j’espère), à chaque fois je ressors perplexe. Mais un des points d’intérêt pour moi est surtout d’écouter chacun des concurrents dans une œuvre avec piano, car voilà qui permet de (re)découvrir des petits bijoux. Hier j’ai par exemple souri de bonheur pour un joli jeu de mots signé Louis Aragon pour le texte et Francis Poulenc pour la musique .

Et le titre, c’est C, c’était forcé…

J’ai traversé les ponts de Cé
C’est là que tout a commencé
Une chanson des temps passés
Parle d’un chevalier blessé
D’une rose sur la chaussée
Et d’un corsage délacé
Du château d’un duc insensé
Et des cygnes dans les fossés
De la prairie où vient danser
Une éternelle fiancée
Et j’ai bu comme un lait glacé
Le long lai des gloires faussées
La Loire emporte mes pensées
Avec les voitures versées
Et les armes désamorcées
Et les larmes mal effacées
Ô ma France, ô ma délaissée
J’ai traversé les ponts de Cé.

Mais je pourrais tout aussi bien bêtement ricaner pour un A. Un A comme “Articule, crévindjieu !!” : la soprano polonaise se battait avec son texte en français tant et si fort que à chaque fois qu’elle chantait son extrait de Manon, au début du deuxième couplet je l’entendais affirmer “Les chevaux parlent en dormant” (au lieu de “Mes chevaux courent à grands pas“). Ouais ouais, je sais, c’est niais et ça vole pas très haut…

O ? O comme oh les mains ! Les miennes jouent les mannequins chez Funambuline !! Voilà qui a eu le mérite de me remémorer un grand moment de quai de gare à Lausanne immortalisé par M’dame Jo : celui où le museau de votre serviteuse fut lâchement agressé par un poulpe aux tentacules bicolore, alors qu’il se remettait péniblement d’un accueil plus que chaleureux zet gourmand.

Et pendant qu’on y est avec les bestioles bizarres, et que de “Haut les mains” à “Peau de lapin” *  il n’y a qu’un pas, voici voilà une belle humeur colorée, énergique et hallucinogène signée Animal Collective.

* la”maîtresse en maillot de bain” est en chemin, elle arrive bientôt, et le pire c’est que c’est vrai !