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Il suffira d’un lac *

* Jean-Jacques s’est caché dans ce titre, sauras-tu le retrouver ?

Gisèle, fais un effort pour rester dans la ligne, fais comme Paquita, tu veux ? Ton emboîté ne vaut pas une cacahuète. Si tu continues je te frappe sur le tutu et je te vire du quadrille !

Cygnes

Le Léman des Cygnes

Comme dirait Tchang (évangile selon Tintin, verset 4 chapitre 2) : il y a un arc-en-ciel dans mon cœur, Vénérable… Je pleure mon départ d’Helvétie, et je ris de la chance que j’ai d’avoir vécu un tel concentré de beaux et bons moments en seulement trois petits jours passés là-bas entre amis !

Me voilà donc bourrée, de souvenirs, oui, aussi (de la brume du Léman à ses glaces – miam – en passant par la meilleure presque raclette du monde, un triton presque vivant, des jardins presque féériques ou des limaces presque écrasées, j’ai tant d’échanges bêtes-mais-bons et intelligents à me remémorer que j’ai l’impression d’avoir fait le plein de carburant déplombant pour un sacré bail). Pour peu, j’en chanterais presque I’ve had the time of my life.

Et j’espère que les responsables/coupables se reconnaissent parce que ceci est une pelletée de remerciements joyeux. Sur ce, c’est pas tout ça mais, Lausanne oblige, j’ai des courbatures dans les mollets…

Vidéo

Brillant Soleil

Et voilà, ça devait arriver : à force d’avoir envie d’été, j’ai réussi à me recoller du Rameau dans la tête, chose qui ne serait jamais arrivée si je n’étais ni dijonnaise ni musicienne, et ayant donc participé toute jeunette à la célébration d’une « année Rameau » en 1984. On est donc bien loin du drame (ou d’une de mes chères daubes) . Après, rien à faire, opéra ou pas, l’image qui me vient spontanément quand je supplie le soleil de se montrer un peu (mais alors sans trop chauffer, merci), c’est plutôt celle-là

Extrait des Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau : Brillant Soleil.

DO NOT MUTILATE

DO NOT MUTILATE

Il est des partitions qu’on préfèrerait ne pas devoir jouer. L’éditeur qui gère la location du matériel de cette chose que nous sacrifierons donnerons ce soir semble en avoir plutôt conscience (à noter : la mention « DO NOT MUTILATE » n’a été tamponnée en rouge que sur les partitions de l’harmonie, qui est assise devant une armée de percussions – dont un superbe coquillage rose Barbie –  en furie… hasard ?).

Pour ma part, respect du Saint Papier oblige, je me contenterai d’essayer d’oublier La noche de los Mayas sitôt que

1 le public l’aura applaudie parce que la fin sera certainement plutôt marrante dans le genre exotique (et pis je me moque des percussions mais très honnêtement, ce sont eux qui feront le show et le feront bien ce soir)

2 j’aurais retrouvé l’usage de mes tympans.

Je me dis surtout que tout ça ne serait pas arrivé si on s’était contenté d’interpréter le générique des Mystérieuses Cités d’Or en bouquinant Le temple du soleil.

La positive lassitude

Chère vie,

je t’aime je t’adule je me réjouis de passer du temps avec toi. Tu n’es pas parfaite mais je te supporte avec allégresse malgré tous tes défauts en ayant parfaitement conscience que tu en as autant à mon service. C’est ça les vrais couples qui fonctionnent bien : c’est beau et moche à la fois.

Mais là, j’ai quand même un reproche à te faire sous le coup de la lassitude : veux-tu bien cesser de placer des cataclysmes sur ma route – des machins incontrôlables et indigestes, des combats que je mets un temps fou à assimiler dans mon quotidien, auxquels j’ai du mal à m’habituer, qui me serrent la gorge et la tête – pour ensuite les faire disparaître tellement sans raison que la médecine même en perdrait son latin ? Je suis certaine que ça part d’une bonne intention, et je goûte avec bonheur ma chance que ces rebondissements soient positifs. Mais il faut que tu saches qu’à la troisième ou quatrième fois en dix ans, ça finit par peser son poids en soucis et fatiguer les nerfs. Violemment. Alors sois gentille : prends juste note et aide moi un peu, je te le rendrai au moins au  milluple, même si ce mot n’existe pas.

Bisous, à toi jusqu’à la mort,

ta tigresse – ouais, c’est Chouyo qui m’a baptisée ainsi, j’essaye toujours de mériter ce petit nom griffu que j’adore – parce que mes rayures repousseront, toujours et encore.

Rascar Kaputt ?

Ironie du sort, hier soir la foudre m’a rasée de près : j’ai même entendu l’électricité chercher son chemin jusqu’au sol avant de repartir au ciel dans un fracas infernal. J’ai hurlé ma frayeur et suis restée hébétée, éberluée, comme une andouille.

Dans ma vie aussi, un truc vieux, moche et grimaçant avec  lequel je m’apprêtais à faire un trop long bout de chemin vient de s’envoler comme par magie, et telle le Professeur Tournesol je me retrouve comme un machin abasourdi plantée là. C’est vraiment chouette qu’il reste les bijoux, tu penses bien !

Mais pour l’instant je suis tellement sonnée que je n’ose même pas m’en réjouir : je crois que je me demande à quel moment les Incas vont venir me kidnapper pour faire un grand méchoui avec mes gigots.

Les liaisons presque dangereuses

J’ai rafraîchi ma coupe façon Jean Seberg, adouci mes jambes, lavé et repassé mes vêtements. Je n’ai pas encore choisi ma tenue, celle dans laquelle je sais que me sentirai suffisamment à l’aise pour prétendre que je me sais plutôt pas vilaine, mais ça ne saurait tarder. Je programmerai aussi mon réveil un peu plus tôt, et respecterai un timing confortable : il faudra papoter légèrement, minauder un peu, ne pas trop regarder mes pieds, afficher la confiance et la désinvolture des certitudes, avoir de l’humour et de l’esprit.

Car je devrai séduire sans avoir l’air de rien. Oh, pas trop, pour ne pas être étiquetée « désespérée », mais en aucun cas il ne faudra négliger le facteur attractivité. J’espère arriver à trouver la juste balance, faire comme si tout ça ne m’angoissait pas un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout. Le secret serait de laisser le trop plein de sensibilité et d’empathie à la maison, sans doute…

Mais que veux-tu, nous ne nous sommes rien promis. Je n’avance jamais en terrain conquis, et me sens plus ou moins obligée de tenter de renouveler et d’enrichir notre relation à chaque retrouvaille : j’ai beau savoir qu’en face on sera fondamentalement bienveillant et que l’attraction est vivante, je crains toujours qu’elle se fane un peu. Et même si j’ai conscience qu’avec le temps, nos ressentis et nos besoins évoluent, je continue à les vouloir frais comme au début, naïfs et lumineux. Car c’est de la lumière que viendra la lumière. Et resplendira (évangile selon Tintin, Le secret de la Licorne rose invisible, verset 4). Et c’est cet idéal qui me fait sourire en dedans, chose sans laquelle je manquerais totalement de courage pour descendre dans l’arène.

Savoir se séduire soi-même pour mieux affronter le regard de l’autre… comment ne pas avoir en tête le début des magnifiques Liaisons Dangereuses de Stephen Frears ?

Oui, demain, je retrouve, un peu comme on retrouve un amant à qui l’on tient, la petite centaine de personnes avec lesquelles je partage la musique. Et autant j’apprécie ce choix de vie très collective (en plus j’apprécie très majoritairement mes collègues), autant le retour parmi le troupeau après la période d’arrêt de l’été me paraît toujours un peu (euphémisme) stressant. Même pour la seizième fois.

Fais-moi un bisou, je crois que j’ai peur.