Toute ouïe

Ce matin, Marcel tente l’impossible (oui, il a beau s’être déguisé en lapin-garou, je vois bien que c’est lui, je le reconnais à ses ouïes en guise de sourcils), à savoir m’éveiller à la vie. Il s’y prend mal : je n’aime pas le rose à fleu-fleurs. Malgré ma très bonne volonté, je sens que le démarrage de ces deux semaines avec du Stravinsky inside va être pâteux, tiens…

Le bien joli The Maker est signé Zealous Creative.

Haine cordiale

Aujourd’hui je me ferais bien la gueule, vraiment. Mais le truc c’est que j’ai toujours détesté déjeuner seule, il faudra donc que je fasse avec. Quelle plaie. Heureusement, l’essence même de mon travail, une des raisons pour pour lesquelles je vais au bureau pour tenir Marcel dans mes bras – décidément, que deviendrais-je sans lui – c’est que les émotions de la musique n’ont pas grand chose de matériel, et qu’elles savent aider à prendre du recul avec le plancher des vaches et les bouses du quotidien qui le parsèment. Devenant parfois, mais seulement quand c’est pratique, le meilleur prétexte du monde pour mépriser l’emballage dans lequel le grand univers m’a conditionnée.

Aujourd’hui, à tous les coups, on me dira que c’est génial comment je m’investis dans la musique qu’on joue, même quand c’est juste une répétition. Sauf que je ne vois toujours pas où est le mérite de sauver sa peau d’autruche en profitant de la situation, moi…

Aujourd’hui – comme certains autres jours, hein, faut pas s’imaginer – c’est la Saint Exutoire, bonne fête à tous les exutoires !

Passez votre violon à la machine

Allons bon, j’apprends aujourd’hui en passant chez Libé qu’on peut vraiment jouer sur une copie en 3D d’un Strad’ ! (ivarius pour les non-initiés). Et moi qui croyais que ce genre d’objet pondus par des imprimantes n’avait que des fonctions décoratives ! Les bras que je n’ai plus pour cause de Wagner m’en tombent. La preuve en vidéo ci-dessous (et non, "auteur" du texte sur YouTube, la musique ne s’appelle pas "In The Meadow", c’est juste un extrait mal monté d’une fugue sortie des Six Sonates et Partitas pour violon seul de J.S. Bach). Marcel (mon mari de violon) regarde la multi-fonctions du bureau de méchante façon, je te le dis.

Mais bon, à partir du moment où c’est un scanner qui s’y colle pour copier chanter une 5692ème version de Somebody That I Used to Know de Gotye, je ne m’étonne plus de rien, ma bonne dame.

Da Capo, quinzième !

ONCT Productions présente : 2012 / 2013, LA SAISON

Il fallait bien que ça arrive : aujourd’hui au bureau, c’est reparti. Et pour moi c’est la quinzième fois que c’est reparti (oui, hein, le temps passe à la vitesse d’un chaton qui galope vers le frigo).

Cette année encore Marcel et moi vivrons plein de belles histoires. Il y aura plein de voyages de l’aventure des sentiments du sexe à boire et à manger et aussi plein de ouate le phoque n’importe quoi. Ainsi que des coups de cœur des coups de blues des coups de folie des coups de mou des coups de gueule des coups de pieds au fesses des coups qui font mal des coups roucoucoupaloma et des coups de soleil des coups d’amour.

Mais une chose est sûre : aujourd’hui, jour de rentrée, comme d’habitude à chaque début de saison quand on remet la clef dans le contact après le mois d’arrêt estival, ça risque d’être un joyeux merdier. Allez, à table ?

Rhapsodie pour un pot au feu.

Draw a map

Histoire de changer un peu du violon mal joué par des dindes sautillantes avec des goûts de ch…impanzé, une pièce signée Haushka et Hilary Hahn. C’est pas le style répétitif plutôt facile qui me parle ici (ça donne des vacances à mes oreilles), c’est plutôt le support visuel que je trouve assez joli.

Et non, je ne jouerai pas ailleurs que dans mon bureau pour entretenir mon Wagner ce 21 juin : depuis plusieurs années, pour moi, la fête de la musique est devenue le jour où je n’en joue pas pour les autres. Et tu sais quoi ? Et ben c’est pas désagréable non plus.

Draw a map, réalisé par Eric Epstein

Le phantasme de l’opéra

Phantasme, nm : fixation mentale ou une croyance irraisonnée pouvant, dans certains cas, conduire à des actes excessifs.

Ricanement inquiétant, voilà donc une vidéo appropriée un dimanche de première de Tannhäuser, sans aucun doute (tremblez, collègues). En portugais, langue du réalisateur Alessandro Correa, le phantasma c’est apparemment plutôt le fantôme que la fixette, et celui-ci est assez impitoyable (oh, d’ailleurs ça saigne un peu et il y a des femmes topless, donc encore une fois, on envoie les enfants voir ailleurs s’ils y sont). La conclusion est un délice, en tout cas. Votez bien et bon dimanche !

Phantasma (à savourer en plein écran)