On a souvent causé de cochonnerie par ici, je sais, mais j’aimerais qu’on revienne un peu sur le saucisson (ça me rappelle que j’ai des rillettes qui traînent au frigo, tiens).
Souviens-toi, je t’ai déjà expliqué quoi t’est-ce qu’un saucisson dans mon jargon professionnel. Il se trouve que demain aura lieu à la Halle aux Grains de Toulouse la finale du Concours International de Violoncelle André Navarra. Bien qu’il ne s’agisse donc pas d’un concours agricole, nous allons assister selon mon goût (qui n’est donc que le mien, soyons clairs) pour l’occasion à une déferlante saucissonnesque, car la pièce imposée aux finalistes n’est autre que le Concerto en ré mineur d’Édouard Lalo.
Le concerto pour violoncelle de Lalo, c’est une alternance pas très légère de sucrerie dégoulinante et de virtuosité atteignant régulièrement les colophanes éternelles. Le tout dans un style façon western-paella-romantique, tout ce que j’aime, quoi (oui, j’ai bien conscience que ma vilaine méchantise noircit vraiment le tableau mais que voulez-vous, on ne se refait pas : je n’ai jamais accroché à la musique de Lalo).
Là où ça se corse (j’aurais tant préféré accompagner un saucisson corse, tiens…) c’est qu’entre les deux répétitions et la finale, nous aurons donc joué cette chose dix fois (une fois pour voir comment c’est vilain tous seuls, puis deux fois avec chaque candidat etc). Et que les petits gars, ils ont beau jouer merveilleusement bien, moi, quand je m’ennuie de la musique, j’ai du mal à ne pas m’évader un peu.
Et qu’en répétition, dès la première éxécution, quand j’ai entendu ça
(j’ai volé l’extrait au très sympathique et charmant Xavier, je pense qu’il ne m’en voudra pas), j’ai immédiatement trouvé que ça ressemblait furieusement à ça :
Leia, on t’a déjà dit de ne pas laisser traîner tes macarons dans la charcuterie, ça fait désordre !




