Und Isolde

Notre héroïne survivra t-elle à la Générale de Tristan – aka 5h30 de représentation – du jour ? Pour l’encourager et lui chanter Eye of the tiger plein pot, tape 1. Pour préférer de l’action façon amazone, tape 2. Mais en attendant les résultats du jeu, prends donc déjà une sublime nuit d’amour qui fait pleurer, c’est toujours ça de gagné.

Wagner, Tristan und Isolde. Acte II – Liebesnacht

En passant

Pluviôse

Pluviôse, vous n'êtes qu'une vilaine

Pluviôse, vous n’êtes qu’une vilaine

Dans mon jardin du jour pousse de la rancœur. Avec un « ran » comme rance, et « cœur » comme  l’artichaut de pierre. Un vrai chiendent, idéal pour mettre dans une soupe amère à la grimace, assaisonnée de brume et de poivre bleu-gris.
Oui, il fait une humeur à tout plaquer pour partir élever des limaces en Terre Adélie. Ou monter une entreprise qui fabriquerait des distributeurs de baffes artisanales en fonte. Dont je serais la première cliente.
Sinon, ça va, toi ?

(tu n’as rien compris ? c’est normal, c’est une pluviôse aigüe)(groumf)

Vidéo

La crêpe du dimanche

À l’heure où tu lis ces lignes, je suis probablement en train de décéder, sourde, dans une fosse d’orchestre, alors qu’en ce qui me concerne j’aurai passé cette semaine environ 30 heures à avoir envie d’envahir la Pologne (et il en faudra au moins autant avant que Tristan ressemble à quelque chose). Mon petit Wagner, mon Richard adoré, je t’aime, et on va passer de chouettes moments ensemble, même qu’il y en a encore pour un certain temps, mais tu es juste un peu épuisant…

Donc, en bonne logique, ce que j’ai à proposer aujourd’hui au rayon daube n’a aucun intérêt à part de ne plus rien vouloir dire : je me sens à peu près aussi à plat qu’une crêpe (ha ha ha, mais quelle introduction subtile !)(neurones, où êtes-vous ?).

J’ajoute même un bonus bollywoodo-préhistorique, parce que je le veux bien.

Silver Cubes Awards 2014

Il est tard et j’avais vraiment la flemme de me coller à un petit résumé écrit de mon année de cinéma 2014, mais le Dr Orlof a gentiment demandé et je ne peux rien refuser à ce garçon, c’est comme ça un point c’est tout.

L’an dernier j’ai donc été d’après ma pile de tickets (à enrichir de deux e-bouts de non-papier) 73 fois m’enfermer dans le noir devant un grand écran. 73 moments d’évasion pendant lesquels la vue prend le pas sur l’ouïe, pendant lesquels – si tout va bien – je suis assise sans penser à autre chose qu’à ce qui passe devant mes yeux, 73 moments de plaisir égoïste, 73 fenêtres ouvertes sur ailleurs, aussi, et dont je vais lister un peu n’importe comment les meilleurs ou pires points de vue. Selon moi (note : les titres des films sont tous liés à leur page sur l’imdb).

Silver Cubes  du Fallait pas

Monuments Men, de George Clooney, qui aurait pu être un très joli sujet et qui au final ne ressemble à pas grand chose. George, ne nous refais plus jamais ça, bisou, merci. Noé, de Darren Aronovsky, sacré par moi-même parmi les plus belles daubes hilarantes de nullité de l’année. Et last but not least Eden, de Mia Hansen-Løve, un film sur rien plein de rien avec des acteurs qui n’inspirent rien et que rien n’inspire.

Silver Cubes Affreux sales et méchants

Gone Girl de David Fincher, un film fait pour ceux qui croient en l’amour et au mariage. Nan, je déconne. Et puis Night Call de Dan Gilroy parce que le saviez-vous, Jake Gyllenhaal se déguise très bien en chouette charognarde.

Silver Cubes Hors Gabarit

Réalisateurs décédés rediffusés sur grand écran ou monstres sacrés de mon Panthéon, même combat ! Aimer, boire et chanter d’Alain Resnais (même si j’avais préféré Vous n’avez encore rien vu). L’extrêmement réjouissant et faussement naïf Magic In The Moonlight de Woody Allen. Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch (j’avais commis un papier à son propos). Et puis la Conversation animée avec Noam Chomsky de Michel Gondry. Sinon on a quelques nouveautés comme Shining, Taxi Driver, Lawrence d’Arabie ou L’étrange Noël de monsieur Jack, mais ça ne compte pas : ces types ne feront jamais carrière. Contrairement à Hayao Miyazaki (oh bon sang, ne nous laisse pas, pas après Le vent se lève, pitié, reviens !) ou Wes Anderson. Un jour je l’épouserai et nous mangerons plein de gâteaux roses tous les deux. Oui, j’ai été voir The Grand Budapest Hotel deux fois, et je t’embête, na.

Silver Cubes du Mal pour un bien

Rien que des histoires vraiment pas marrantes mais bien réalisées et/ou très émouvantes (mais pas dans le genre gnan-gnan, tu vois ?). 12 Years A Slave, de Steve McQueen, la preuve que jouer du violon c’est parfois le bagne. Ida, de Pawel Pawlikowski et sa compagne de couvent Philomena de Stephen Frears. Il faut au moins un autre western, absolument, donc ça tombe sur le très rêche The Homesman de Tommy Lee Jones. Et pour finir sur la plus belle année qui soit (hum…), ’71 de Yann Demange, un film que l’on prend en pleine poire en s’enfonçant parfois dans son fauteuil de terreur.

Silver Cubes régressifs

Minuscule – La vallée des fourmis perdues de Hélène Giraud et Thomas Szabo. Et la toute première séance de ma nièce au cinéma, le si superbe et poétique Chant de la mer de Tomm Moore. Oui, ok, elle a eu peur parce qu’elle était un peu jeune mais sa tata voulait vraiment la traîner devant, tu vois ?

Silver Cubes avec des mais

Maps To The Stars de David Cronenberg à cause de son démarrage trop lent à mon goût. Her de Spike Jonze pour sa longue durée. Blue Ruin de Jeremy Saulnier parce qu’en France, si tu prononces ce titre comme il faut tu dois ensuite le répéter 15 fois à la caissière avant de dire « ben blouruine, quoi ! » et Un week-end à Paris de Roger Michell parce que c’est pas génial mais très attachant. Cela dit, je chipote, il n’y a que des films que je ne regrette pas d’avoir vus dans cette listounette.

Silver Cubes en cure de désintox’

Dites, 4 grammes c’est pas un peu beaucoup pour un matin ? Leviathan de Andrey Zvyagintsev et A girl at my door de July Jung, deux moments intenses et captivants à l’atmosphère si éthylique qu’on en aurait presque envie d’arrêter de boire tout de suite.

Silver Cubes avec un coq dedans

Le cinéma français, ses hauts ses bas… je te montre mon haut à moi ? Les combattants de Thomas Cailley, ou comment se laisser enthousiasmer par un film dont le sujet me laissait dubitative (oui, moi, l’armée, tout ça…). Jacky au royaume des filles de Riad Sattouf parce que c’est vraiment n’importe quoi, trop dilué mais tellement hilarant. Et que j’aime Vincent Lacoste, qui joue aussi dans Hippocrate de Thomas Lilti, d’ailleurs.

Silver Cubes de l’espace

Bird People de Pascale Ferran vu que je me demande bien où ranger cette séduction immédiate et sans réserve. Under The Skin de Jonathan Glazer, un délicieux ovni à déguster saignant. Les gardiens de la galaxie de Marvel James Gunn car oui, c’est un machin avec des super héros mais on n’en a pas vu d’aussi bon depuis un bail et en plus tu as entendu cette BO, hein ? Interstellar de Christopher Nolan (juste parce que j’étais à l’avant-première, nananère)(nan, je rigole), le plus bon meilleur film d’aventure 100% pur plaisir de grand spectacle bien fichu depuis bien longtemps.

Silver Cubes voyage voyage

My sweet Pepperland de Hiner Saleem, une histoire avec un shérif qu’on voudrait manger tout cru et une institutrice belle à se damner qui joue de la musique sublime. Visitons le Kurdistan ! Et un de mes coups de cœur on ne peut plus subjectifs : Je voyage seule de Maria Sole Tognazzi parce que ça cause de femme d’une quarantaine d’années, de dormir dans des hôtels chics pour son boulot, de ne pas avoir d’enfants ou de mari et tout ça sans jugement et sans manichéisme.

C’est bon, je peux ranger mes jouets maintenant.

Cinoche

En passant

Mellon Collie

Pardonne-moi si depuis mercredi 7 janvier je préfère parler aux vraies gens qu’aux réseaux, si j’en ai presque fini par avoir peur de m’informer tellement le choc du massacre à Charlie Hebdo fut violent (celui des morts du jour d’après n’a rien arrangé), si je suis morose, et si même quand je vois la foule se tenir par la main je n’arrive pas vraiment à réchauffer mon pessimisme sur l’avenir de mon pays.

Cela dit, j’applaudis et remercie de tout mon cœur toutes celles et ceux qui ont pu hier et aujourd’hui aller marcher pour dire leur refus de l’extrémisme, de la violence, du terrorisme et défendre des valeurs essentielles telles que la tolérance et la liberté (on était nombreux à bouder au bureau ces derniers jours, entre autres parce qu’on aurait aimé être libres de se manifester hier…).

Pardonne-moi, donc, mais du coup je vais lâchement choisir de me noyer avec Marcel et avec amour – j’en ai plein, du coup si tu en veux je t’en donne – dans des océans de Wagner (oui, Wagner is coming) en attendant que ma saine connerie revienne. Ou mon cynisme. Bref.

Avertissement : la musique ci-dessous est hautement larmogène et addictive. Et l’écouter plus de 3 fois peut faire pousser des casques à cornes rendre amoureux à en crever.

Richard Wagner – Tristan Und Isolde – Prélude