Vidéo

Common Trek

Je ne suis pas certaine d’aimer entendre William Shatner « chanter » comme une valise arythmique. Spécialement quand il reprend Common People, un titre de Pulp qui a chatouillé mes hormones pendant toutes les années 90. Malheur à qui tente en vain de se prendre pour – graou – Jarvis Cocker, foudre sur lui pour les siècles des siècles ! Mais il faut avouer que le petit montage ci-dessous est suffisamment bien troussé pour que je pardonne son affront au Capitaine James T. Kirk. Pis c’est vacances, le n’importe quoi est donc bienvenu.

Common People par William Shatner et à la sauce Star Trek

Les chiffres et les notes

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J’ai replié et rangé hier soir le machin ci-dessus et remisé la saison musicale 2014-2015 dans mes archives. Traduction : le moment où le bureau est en pause estivale est venu, car notre orchestre cesse son activité jusqu’au début du mois de septembre (oui, cette année les vacances sont particulièrement longues)(youpi)(va pas nous traiter de fainéants, ce break compense en partie nos dimanches, soirées et autres jours fériés travaillés).

Et moi qui ne cause ici  – succinctement – que compositeurs, œuvres, trac, coups de cœur, enregistrements sonores ou télévisés, j’ai décidé aujourd’hui de dire autrement ce que c’est qu’une année musicale pour un musicien professionnel titulaire de son poste dans un orchestre (oui, j’ai la chance de ne pas être intermittente, je dis chance parce que c’est un statut qui est devenu difficile pour la très grande majorité de ceux qui en bénéficient en France). Autrement et un peu chiantement, c’est vrai, mais je me dis que pour qui n’a pas la moindre idée de ce qu’est notre métier ça peut être intéressant, même si ça n’empêchera que le fameux « Et sinon, tu fais quoi comme boulot ? » me retombe régulièrement sur le coin du bec.

Attention, c’est parti.

Dans mon orchestre d’amour, j’ai actuellement 110 collègues sur un effectif théorique de 125 musiciens (non, je ne les aime pas tous, tu rêves ou quoi ? J’en apprécie plein, ça suffit à mon bonheur). Entre septembre 2014 et juillet 2015 notre formation a donné 5 représentations de ballet, 34 d’opéra et 76 concerts symphoniques, dont 13 en Allemagne, au Japon et en Espagne.

Pour ma part, j’ai participé à un ballet (donné 5 fois), 3 opéras (donc 16 représentations) et 49 concerts symphoniques, soit 29 programmes musicaux différents. Ce qui représente 798 heures le fessier posé sur une chaise devant un pupitre au bureau, mais ne compte évidemment pas toutes celles – nombreuses – que je passe à la maison à martyriser Marcel pour préparer tout ça. Ni le temps passé en bus, train et autres avions (144 heures)(non, c’est pas moi qui compte, tu rigoles ou quoi ? Je te rappelle que je souffre de violentes allergies numéraires…). En moyenne, ça nous fait presque 2 spectacles par semaine, ce qui n’est pas tout à fait rien et suffit en un an à épuiser bien fort la merveilleuse et sublime femme pleine de volonté que je suis.

Ce que je ne mentionne pas dans ce bilan comptable ? Les ricanements en répétition et en concert, les très nombreux moment d’extase et d’envol musical, les crises de couple avec Marcel – sérieux, ce violon a un caractère de merde – les soirées avec ceux qui sont plus que mes collègues, les prises de chou existentiello-artistiques et surtout les plaisirs multiples que m’apporte mon métier (environ 150 000 000 000).

Ce métier qui de facto est plus ce que je suis que ce que je fais… mais que je vais tout de même oublier complètement pendant 3 semaines, histoire de mieux l’adorer à la rentrée.

Et toi, 🎶 qu’est ce que tu fais pour les vacances 🎶 ?

Audio

La mélodie du bonheur

Quand Maurice-mon-amour Ravel se toque de rendre hommage à François Couperin et d’évoquer un temps que les moins de 300 ans ne peuvent pas connaître, c’est un peu comme s’il te cuisinait une mousse fraîche de finesse avec sa boule de sorbet de sérénité. Un truc à te faire oublier en 20 minutes de légèreté toute la bourrinitude du monde et à te scotcher un sourire bienveillant sur le museau pour le reste de la journée.

Moi je dis que ça fait pas cher le philtre de bonheur.

Maurice Ravel – Le tombeau de Couperin (version pour orchestre)

Beach Boys

Beaux et élancés – quoique un peu osseux – ils sont les héros de la vidéo illustrant un titre tout frais d’un des deux membres du groupe Air. Moi qui suis un brin dans le coma et qui rêve d’un moment de fraîcheur au bord de l’océan, tu imagines qu’ils m’ont immédiatement fait fantasmer, ces jolis zombies !

Et puis je me suis demandé pourquoi subitement le petit Nicolas se toquait de chanter en germain biblique – alors qu’en cette saison il aurait pu juste chanter Da, da, da ou 99 Luftballons – et j’ai alors réalisé que oh mais dis donc (merci internet) il avait en fait repris et réarrangé un aria de J.S. Bach tiré d’une cantate portant le même nom.

Widerstehe doch der Sünde date de 1714 et parle de résister au péché (aucun intérêt donc, ce texte). Bien évidemment, la mélodie est sublime (la preuve, il l’aurait réutilisée dans sa Passion selon Saint-Marc qu’on a perdue) et l’exercice rigolo consiste à écouter l’original avant de se baigner dans la copie.

C’était la minute pop éducative, à vous les studios.

Nicolas Godin – Widerstehe Doch Der Sünde