Zéro pour cent de matière grise.

Histoire de la fille qui voulut mourir encore plus idiote.

Eh oui : la médiatisation de la chose ayant piqué ma curiosité, il a fallu que je voie  à quoi rêvent les jeunes filles. Sur quoi elles bavent, et ce qui les rend hystériques. Comme je suis arriérée de la sottise, je n’ai pour l’instant abordé que le premier volet de la saga aux dents longues, qui porte un nom de race de pommes, genre “Fascination”… Car oui, j’ai vu Twilight. Et je vois d’ici vos affligés visages.

Je ne comprends pas qu’on ose dire que c’est un navet. Moi je trouve que c’est une excellente comédie parodique, d’ailleurs mes gloussements m’ont valu les regards en biais de la moitié d’un wagon de TGV, c’est dire. Je m’en vais donc vous balancer en vrac façon Ikéa les quelques détails clefs de ce… machin.

Bon, d’abord, dans la vraie vie, il fait beau ou il fait moche. Dans ce film, il fait bleu ou vert sombre, c’est pour faire froid,crépusculaire et romantique pas cher. L’action se passe à Troutrou Les Amériques, où il y a des montagnes embrumées et des sapins hauts de vingt mètres pour que les vampires puissent jouer à Tarzan en toute liberté. Quant à l’introduction, elle pourrait s’intituler “Bambi contre les vampires”, mais comme la biche a un rôle bref, on passe vite à la suite.

Là, normalement tu as un peu peur. En vrai tu repenses à Scoubidou (bidouhou!)

La zéroïne s’appelle Bella Swan. Avec un nom pareil elle a de la chance de pas être vilaine, elle échappe à un procès contre ses parents. Bella est brune, pâle, et toujours maquillée avec l’ombre à paupière “anémie ferrique  n°6″. C’est une ado pas comme les autres: la nuit, elle fait semblant de penser en regardant le plafond, un bras replié sous sa tête. Mais elle est pas hyper efficace du neurone parce qu’il lui faut quand même 50 minutes pour mettre un mot sur la chose.

La chose, le vampirounet, s’appelle Edward (je ne remets pas de photo, il suffit d’aller à une caisse de supermarché pour voir sa trombine sur un mag télé). Edward est blondinou, diaphane, a deux expressions et demi en stock et est très musclé en dedans de lui. Il connait quelques notes au piano pour draguer et pallier à son charisme de tractopelle, et court à la verticale sur les arbres plus vite que l’éclair. Il fait partie d’une gentille tribu de visage pâles qui essaye de pas mordre n’importe où et qui a des problèmes avec les indiens.

Il y a des méchants aussi, mais on s’en fiche. Car voilà t’y pas que les deux jeunes transparents du teint se plaisent ! Il y a de l’amour torturé dans l’air, et c’est là que le coup du vampire, c’est pratique au niveau de la métaphore sexuelle (morsure = pénétration d’une chose pointue au creux d’un endroit intime, à savoir le creux du cou, oui,  j’ai bien dit le cou). Mais comme ils sont jeunes, étatsuniens et bien élevés, il ne va pas se la mordre, oh que non, le fripon : il pousse même la sensualité débridée jusqu’à la regarder dormir et à respirer un peu fort très près de sa bouche.

Bref : normalement, tu as dix ans et tu transpires de désir fou. En vrai tu cries “Mais tu vas la lui rouler, cette tractopelle, qu’on en finisse ??”  (ben oui, les préliminaires, ça va bien cinq minutes, quand même).

Au bout du compte, comme je suis vieille et conne et que je ne peux pas comprendre, j’ai trouvé cet univers peint au bleu de méthylène hilarant de ridicule. Et carrément moins réjouissant qu’un seul et unique épisode de “Bouffie”, “Angel” ou “True Blood”.  Et en plus ça sanguinole à peine ! Remboursez !

Conclusion : tu veux du sang et du cochon? Va plutôt sous les halles à Dijon !

Et en parlant de cochon qui fume, j’aurais bien vendu mon âme à une clope ce soir, tiens …