L’ addition*, s’il vous plait !

* Le comble, vu que je suis aussi matheuse qu’un lombric intellectuellement déficient !

Valises sous les yeux

+

Valise à compacter

=

Prise de tête au carré


Tiens, ça me fait penser que je ne dois pas oublier mon déodorant…


Parce qu’une tournée, c’est du travail, de la musique, de la beauté, des émotions et ton âme pure comme un ange qui s’élève au ciel avant que tu meures. C’est un miracle, c’est intense et c’est beau.

Mais avant… avant, garde ton calme et si comme moi, tu as du mal à abandonner chez toi une paire de chaussettes de peur qu’elle déprime, pleure. Mais pas aujourd’hui, non. D’ailleurs, je pense qu’un cinéaste français réalisera d’ici peu un film en mémoire de ce jour exceptionnel qui s’intitulera « Non mon enfant tu pleureras un autre jour »… Car cette fois, exploit remarquable, ma valise fermera ses serrures sur seulement trois paires de pompes. Cette fois, je ne me retrouverai pas à 1h du matin ( voire 3h ) dans la salle de bain armée d’une moissonneuse-batteuse, de cire ou que sais-je pour combattre le fléau velu: c’est fait. L’orditronique est rangé et prêt à être emballé. Ma personne est fatiguée et néanmoins resplendissante du museau grâce à un beau cadeau de la Manu pensante ( et un rosbif d’enfer à midi ). La soupe est prête et je peux espérer disparaître sous la couette avant 23h.

Bref, il va neiger. Après cette prévision météo, vous serez donc ravis que je fichasse le camp.


Ne souriez pas trop, je pense que les hôtels allemands sont équipés du ouèbe, et ont de très vilaines moquettes…

Jean-Paul d’un jour

Ceci dit, la nausée, ça aurait pu être exploitable…

Mais je ne fais pas partie de la bonne formation pour ça. Et comme, contrairement à Dalida, je ne veux pas « …ir » sur scène, ce matin, je jette l’éponge. C’est doublement dommage. Non seulement je rate un des moments clefs de la préparation d’un concert : la répétition générale, la dernière avant l’autoroute du soir, celle où l’orchestre se met dans les conditions  de la prestation en public. Si comme je l’espère je peux jouer sans risquer mon honneur, j’arriverai sur scène en ayant la désagréable impression d’avoir raté un épisode clef de la série.

Mais en plus, autre conséquence, il y a fort à parier que je n’aurai pas le bonheur de participer à cette merveille de sarcasmes virtuoses et de poésie qu’est le 3ème concerto pour piano de Prokofiev : la partition est assez touffue ( c’est le moins qu’on puisse dire ), et avec une séance de travail en moins… ça serait plus que sportif. Verdict plus tard.

En attendant, vous devriez passer une petite demi-heure avec Evgeny, il est incroyable.



Me reste à espérer que cet état vaseux ne persistera pas au point de m’empêcher de partir en tournée, et d’être le 1er février à Düsseldorf, le 2 à Essen, le 3 à Mannheim, le 4 à Wiesbaden, le à Francfort, le 8 à Cologne, le 9 à Stuttgart, les 10 et 12 à Salzburg et le 13 à Paris (c’était la seconde de promotion).

Car dans ce cas peu probable, tremblez pauvres victimes, je serai sans aucun doute d’une humeur à saigner des brontosaures, des agneaux, des musaraignes, ou tout ce qui me tombe sous la main de vertébré et démontable.

Bête de cirque comme ses pieds

Je suis la femme à deux têtes.


Non mais j’ai dit à deux têtes, pas à barbe !

Oui donc, tout le monde s’en fout mais je me retrouve partagée entre ma très grande joie de reprendre la vie là où je l’ai laissée il y a deux semaines et ma très grande flemme d’aller travailler. Mais non, je ne suis pas chiante pénible. Le problème, c’est que la grisure du ciel ne me parait pas être une excuse bidon crédible pour rester en pantoufles…

Consolation par la musique ? BEAST alors.

Mollusque à la sauce Garam Masala

Le corps mou se réveille et sa coquille s’entrouvre.

Lentement mais sûrement, son potentiel d’énergie remonte. L’envie de se dandiner en musique lui revient aussi. Aujourd’hui, l’idée, c’est de reprendre une activité musculaire et musicale individuelle avant le retour  très prochain vers le troupeau. Alors, pour la circulation des énergies, l’animal commence donc par un éveil des cervicales assez tonique, suivi d’un échauffement des hanches. Sans oublier de garder les jambes fléchies et souples, et de faire fonctionner les bras et l’articulation des épaules. C’est amusant comme ça lui rappelle une scène d’un Bollywood jamais achevé ( Dil Se ) et enregistré sur VHS, donc perdu à jamais dans les limbes du progrès technique… En voiture ! ( cette vidéo est totalement désapprouvée par le règlement de la SNCF )



Une fois mijotée dans les épices, en général, la bête est complètement visible et les muscles de sa protection calcaire sont bien assouplis. Pas besoin d’avoir un œil de zoologiste ou de cuisinier exotique pour affirmer que l’animal sourit tout grand.

Une bonne dose de Coennerie

Juste vois-le !


Sauf en cas d’intolérance violente aux questions sans réponses, aux faciès choisis avec génie et aux scénarios dont la logique est volontairement déroutante.

La groupie de longue date des œuvres des Frères Coen que je suis n’a eu qu’à écarquiller les yeux et partir en voyage dans leurs années 70 embrumées de fumées herbues, et colorées en orange et marron (yep, exactement comme nos trains corail des eighties) . J’ai retrouvé avec bonheur et hilarité leur don pour la galerie de personnages tordus. J’ai aimé une de fois de plus la lenteur de la caméra, lorsqu’elle se délecte de l’hébétude, du désarroi ou du vide de l’âme de certains protagonistes.

Et puis, surtout, dans A Serious Man, pas de sentiment de redite : le plaisir a été neuf, étrange, original… donc intense. La bizarrerie en développement durable, oh oui, encore !


Cerise sur le pompon, la bande originale est une fois de plus très bien pensée. Parce que je suis futile et mal réveillée ce matin lundi, je pioche dans sa face baba, naïve mais néanmoins tonique.


Pour l’anecdote, les beaux yeux clairs du jeune rabbin ont déjà été vus quelque part…

Vaincre au Risk

Pour triompher avec gloire !

Alors voyons voir…

Je place deux armées de Rachmaninov à Salzburg, et deux autres à Paris, au cas où. On pourrait tenter une autre alliance avec les russes ( quelques divisions de Tchaikowsky ou de Prokofiev, par exemple ) pour être certains d’envahir la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la Hesse. Tout en affirmant notre suprématie cocorico, avec des légions de Debussy et de Berlioz, pour conquérir le Bade-Wurtemberg sans encombres… ça va être un challenge stratégique : la mission doit être accomplie en dix coups !

Quoiqu’il arrive, je mes des chaussettes en laine et des moufles fourrées à tous mes fantassins ( on n’a pas idée de commencer une partie dans cette région du monde en février ! ) . Et je leur fais perdre avant le départ suffisamment de poids pour qu’ils en profitent pour se goinfrer de jarret de porc et d’Apfelstrudel. Bière ? Bon, d’accord, mais c’est bien pour vous faire plaisir…

C’est pour tout bientôt, je frétille à l’idée de  faire chauffer les dés !


Un petit bain dans la Mer du Nord, en attendant ?