Petites papouilles des sommets du moche

Heidi, c’est fini

Avant que le train qui me ramène à mon foyer, doux foyer ne quitte la gare, je tenais à remercier tout spécialement mon odorat pour ces deux dernières semaines. Autant à chaque fois ce que je vois en haute et moyenne montagne m’émerveille, mais tout ce que je ne peux pas montrer ici, c’est ce que j’y sens (à quand le web en odorama ??).
Je pense au parfum tout fugitif qui se dégage des framboises quand on les cueille, à celui des pin humides, des champignons et de la vie qui passe et moisit dans les sous-bois, au nez chaud des alpages et des plantes qui transpirent sous le soleil. À toutes ces odeurs vertes entremêlées je voulais adresser un cri (cri) d’amour tout spécial au foin tout juste coupé. Celui que je laisse derrière moi, là-haut sent non seulement le végétal, mais c’est un tel mélange d’herbes et de fleurs que son nez est doux et sucré comme du miel, c’est une caresse nasale incomparable. De quoi jalouser les vaches et les chèvres qui en profiteront cet hiver. De quoi pleurer abondamment le retour au pays des hydrocarbures qui me collent la nausée une dizaine de jours à chaque retour de Savoie. Et pourtant, il me tarde tant de retrouver ma vie citadine normale…
Voici une moche carte que j’aurais dû envoyer, mais (bande de veinards) j’ai finalement décidé de vous laisser vous tordre le cou pour en apprécier la saveur kitsch (un jour, j’apprendrai la rotation des images sur un iPhone, un jour).
"Vite, vite, petit facteur ! L’amitié n’attend pas !" (il y a un copyright sur cette phrase)

[et toc, corrigé au retour]