La consolation du Lot

Je crois bien qu’aujourd’hui ça va être moins bien qu’hier.

Aujourd’hui mon troupeau version allégée et moi-même allons transhumer en bus (5 heures environ) au fin fond du Lot pour un concert dans une église. Un 30 novembre. Je promets une photo des stalactites qui pendront au bout de mon nez givré après les 3 heures de répétition.

Alors qu’hier, il faisait si chaud : entre deux fournées de 1400 pitchous béats et souriants devant la fort jolie prestation de mon chef de rayon dans les Quatre Saisons de Vivaldi, il y a eu une pause rencontre, un meeting sourires et papilles, avec Ludovic, Enflammée et Tambour Major, et surtout le Tire Bouchon dans le rôle de l’auberge. Le patron est un caviste enthousiaste chez qui j’aime me servir. D’ailleurs l’endroit est plutôt petit, c’est clairement un bar à vin plutôt qu’un restau et on est assis un peu serré entre les cartons de vin, mais on s’en fout : l’ambiance est sympa et familiale (j’ai même confondu un habitué qui remontait de la cuisine, son assiette dans les mains, avec un employé alors qu’il n’y en a pas, mais bon…). Quant à la cuisine de Madame, elle est carrément aimable, mais là je juge sur plusieurs visites… quoi, il est trop tôt pour gargouiller et saliver ? Mais non, fais un effort, allez.

Alors, pas de souvenir visuel de mon curry de veau ici (ma photo est pire que moche, et ce petit délice fondant y ressemble à une conserve pour chat, donc je m’abstiens). Juste une soupe de Butternut avec sa chantilly aux noisettes, un… crèmoussant (© Tambour Major) au chocolat qui déchirait grave sa race et quelques gouleyantes Sirènes de Cadaquès. M’est avis qu’Enflammée creusera un peu plus le sujet, moi je vais me contenter pour ce jour de mes bien bons souvenirs. Soupir.

Je file préparer mon igloo, je te laisse la mort dans l’âme en pleurant avec une vidéo qui se croque et l’idée presque justifiée que, décidément, je ne pense qu’à ça.

Manger, s’entend.

Mambo !

Tant qu’à devoir m’extirper de sous la couette à une heure aussi abomiffreuse… tant qu’à devoir dès potron-félin me peindre le museau en mode concert, et chanter devant mon miroir où vient d’apparaître un raton laveur tout flou et tout cerné :

I feel pretty,
Oh so pretty (…)
That I hardly can believe I’m real

(si si, je te jure, je chante ça tous les jours en enlevant mes bigoudis).

Oui, tant qu’à faire, j’aurais préféré jouer pour les deux concerts du jour une œuvre qui me donne plus envie de bouger mes fesses que de les serrer. Mais j’ai bien peur que si je crie “Mambo !” entre l’olive et l’anchois au milieu de ma musique de répondeur téléphonique des Quatre Saisons de Vivaldi, ça s’entende. Bernstein, mon Lenny, aujourd’hui tu me manques.

Kluski

Je voulais titrer “madeleine” mais le seul plat polonais dont je maîtrise le nom (à cause que j’en préparais avec ma mamie) ce sont les kluski. Sauf que c’est pas très bon à tremper dans le thé, vu que c’est un truc rafraichissant qui se situe quelque part entre le knödel et le gnocchi. Mais donc pour résumer c’est un peu ma madeleine polonaise de Pruzšt à moi, les kluski. En plus c’est cool ça colle aux dents, mais blague à part, j’adore ça.

Et la vidéo ci-dessous est typiquement le genre de vision qui me ramène en enfance, à l’époque où dans ma télé en noir et blanc (alors oui je suis vieille, mais pas à ce point-là : mes parents fauchés, chut c’est un secret attendaient que le tube cathodique crève avant de passer à la couleur) on trouvait des Chapis, des Chapos, des petites taupes tchèques et autres choses très mignonnettes dans le genre. Bref, j’ai entendu de la musique Bontempi, vu deux chats trois souris, trente secondes de stop motion et soudain j’ai eu 8 ans. J’ai pas re-grandi depuis, et d’ailleurs j’y vais : j’ai école.

Porc très chinois

L’autre jour, Tambour Major a crié “chat” en me collant une tape dans le dos et m’a demandé de jouer avec lui au portrait chinois. D’où ce jeu de mots débilissime dans le titre, mais qu’y puis-je, moi, si selon les asiatiques je suis née sous le signe du cochon ? (le premier qui s’écrie que ça explique bien des choses reçoit immédiatement une tape sur le groin). La liste des questions posées aux victimes du Tambour est donc celle-ci :

Et si tu étais :

1. Un objet sexuel
2. Un plat cuisiné
3. Une marque de bière
4. Un matériel électroménager
5. Une pièce de théâtre
6. Une bande dessinée
7. Un médicament
8. Un restaurant
9. Une station de radio
10. Un objet que l’on trouve sur ton bureau

C’est parti, on envoie le fameux conte des dix petits cochons.

Si j’étais un objet sexuel ? Avec l’esprit de dévouement qui me caractérise, je vais donc dire en toute simplicité : moi.

(en plus, ça fera jaser dans les commentaires et ça relancera mon quota de “grosse cochonne exhibitionniste” dans mes statistiques).

Si j’étais un plat cuisiné, je serais certainement une tarte Tatin (mais j’ai failli être un pot au feu). Mais pourquoi donc, hein ? Une affaire de madeleine, sans aucun doute ; liée à un amour sans borne de la bonne pomme cuite (ne me parle pas de golden ou de je ne sais trop quoi de fadasse, la pomme elle doit être bien balancée et sucre et en acidité, sinon elle n’est même pas digne de ce nom) ; et liée au fait que la pâte brisée est la première chose qu’on m’a apprise et demandé de faire en cuisine, encore et encore. L’odeur du beurre dans la farine me rend folle, j’en suis devenue tartomane à jamais.

C’est en Bavière que j’ai appris à aimer la bière (beaucoup)(beaucoup trop, même, et puis jeune en plus, mais heureusement, c’était dans le cadre d’échanges à visée culturelle). Si j’étais une marque de bière, j’aimerais bien m’appeler Paulaner.

Si j’étais un zinzin électro et ménager, je serais le premier appareil qui me sert une fois que je suis debout le matin, et le dernier à m’apporter du réconfort le soir, à savoir une bouilloire (what did you expect ?). Le matin je ne vaux rien avant d’avoir descendu ma théière, le five o’clock tea est un de mes moments favoris, et le pisse-mémé du soir est presque obligatoire. Ma bouilloire (qui est très moche, d’ailleurs) est en plus la chose qui chauffe l’eau de mes pâtes, ce qui contribue à en faire un objet indispensable, voire quasiment un objet de culte. Amen.

Si je devais être une pièce de théâtre, j’aurais du mal à me choisir tant mes lacunes dans ce domaine sont honteusement énormes. Mais j’opterais sûrement pour le texte que je me promets de lire en bilingue un jour, bientôt, parce que je ne le connais que par mini-bribes et que son univers me parle, à savoir Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare.

Si j’étais une bande-dessinée, je serais Corto Maltese pour pouvoir me blottir dans les bras de ce beau marin qui doit être le premier amour de ma vie (rien que ça). Ah, Cortouchka…

Si j’étais un médicament je serais de l’huile d’arnica, la compagne indispensable et réconfortante de mon activité musculaire violonistique intense. Ne serait-ce que pour l’odeur.

Si j’étais un restaurant je serais schyzophrène, parce que ma gourmandise démesurée et multidirectionnelle fait de moi une girouette totale en la matière. Choisir je ne peux point, pardon mais je suis alimentairement polygame dans l’âme.

Mon nom de radio est France Inter, parce que j’adore les pubs pour le dépistage du cancer colorectal, mais aussi la tranche 8h-10h qui m’aide à ouvrir les yeux le matin.

Si je me trouvais sur mon bureau, je serais une Miyazaki-mania suraigüe qui pendouille fièrement tout autour de ma lampe. Oui, je sais, j’abuse un peu mais console-toi en te disant que l’autre moitié est accrochée à mes sacs à main et à ma boîte à violon. Et que ce matin encore je parcourais le web à la recherche de trucs inutiles en forme de Totoro.

À mon tour maintenant de créer un questionnaire et de transformer des lecteurs en chat. Voyons voir… Bulles d’infos, Alizarine, Funambuline, Mdame Jo, L’azimutée, Mlle Cassis, Hurluberlulu, Gaël, vous joueriez ? (les volontaires non désignés sont bienvenus, évidemment)

Top, c’est parti. Si vous étiez :

1 – une danse
2 – un son
3 – un rire
4 – un film
5 – un gri-gri
6 – un mensonge
7 – posé sur la table de chevet
8 – une époque
9 – une gourmandise
10 – une machine agricole (on n’y pense jamais assez)