Miau

Hop, vite fait, une image volée dans le quartier si joliment badigeonné, néo-baba plutôt bobo de Vila Madalena à São Paulo. C’est dommage, j’ai pas le temps d’en montrer plus aujourd’hui, je file travailler.
Quand les poules auront des dents, peut être ?

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La beauté cachée du laid

São Paulo, c’est énorme, plein de gratte-ciels pas toujours très exaltants (ah, les années 70 et 80, quelles sources inépuisables d’abommiffreuses bétonnifications merdiques !) et dans mon souvenir un peu trop lointain et succinct, ça s’arrêtait là.

Aujourd’hui, planquée sous ma somptueuse capote en sac poubelle translucide façon Zorro du préservatif cape étanche indispensable achetée en urgence, j’ai eu le plaisir de réviser mon jugement. Entre autres grâce à la pluie : dans cette mégapole aux portes de la jungle, le végétal se fraye un passage partout où il peut (l’eau lui en donne les moyens), il dégouline des balcons, court vers le ciel (si tu as un gros caoutchouc chez toi, dis toi bien que c’est un nabot bonsaï à côté des mastodontes qui peuplent les nombreux parcs du centre ville) et parasite le béton. L’impression d’abandon délabré façon post-apocalypse qu’on a parfois devant certains immeubles s’en trouve décuplée. Quand on ajoute à cette verdure en folie un amas de n’importe quoi architectural, social et humain, ça devient assez fascinant.

Après, je crois aussi que mes yeux ont changé. Sans doute apprécient ils différemment les choses, tout spécialement les villes d’ailleurs (quand j’étais jeune et bête j’avais tendance à penser que rien de potable en “art” n’avait été conçu après 1930, j’étais déjà une vieille conne, quoi). Maintenant j’ai appris à me régaler d’ambiances, de gens, de détails et de mélanges incongrus, peut être aussi parce que je sais mieux goûter le fait que voir seulement un peu est certes parfois frustrant, mais que ça reste une sacrée chance. Images volées de la promenade sous ciel mouillé embrumée de décalquage horaire du jour.

Si tu vas à Sao Paulo

C’est bien dommage qu’on prenne toujours l’avion en classe économique : avec un peu plus de place et tout le temps dont on va disposer en l’air ce dimanche, c’est pas un petit interlude qu’on aurait pu caser pendant le vol pour le Brésil, mais carrément un gros opéra de Wagner !

Postescriptoum : terminer la série de beaux concerts deutscho-français par une salle Pleyel ravie, c’est décidément pas désagréable… et en prime c’est en ligne ici

Pénurie

On vit des drames terribles des fois, des événements marquants qu’il faut partager afin de se vider l’esprit du désespoir qui nous étreint et nous malaxe la déprime : cette première semaine de tournée à été quasiment vierge d’horreurs moquettesques. J’en suis encore toute choquée. Mais ! Heureusement, heureusement, coup sur coup j’ai croisé un carrelage abominable ET (là, attention, concept nouveau et design effrayant) une serviette en papier qui fait peur dès le matin. Ouf, enfin un peu de laideur dans ce monde de luxes, merci l’Allemagne !

Voilà et puis ensuite tout va s’enchaîner : demain Paris à Pleyel, vite vite vite (mais avec nièce inside, j’en couine de joie d’avance), et dimanche matin aux aurores le départ pour le Brésil d’où j’espère bien réussir à vous polluer les yeux en fredonnant Copa, Copacabana.

Avec un ciel si clair qu’un nuage s’est perdu

Deux trois batavias en passant par la Hollande avec mes sabots :
Je suis bien contente que l’administration du Bureau nous ait une fois de plus mis face à une de ces AGL* dont elle a le secret (Aberration Géographique et Logistique, je vais déposer le logo tellement on est fort avec ce truc, je suis certaine qu’il y a du pognon à se faire) parce que le jour de repos sous le soleil à Maastricht s’est avéré carrément agréable. Ok, moi j’ai mes madeleines dans ce pays, le moindre rheurheu guttural moche m’y émeut, mais en toute objectivité (et même sans tarte aux pommes), un passage sur les pavés du petit centre ville vaut le coup. Avant de courir mettre ma valise dans le bus, voila donc quelques clichés en vrac, entre bicyclettes, ricanements crétins à la très belle basilique romane de Saint Servais et promenades au bord de la Maas.

* Car non, non, l’endroit le plus logique pour dormir entre un concert à Düsseldorf et un autre à Köln n’est pas Maastricht.