To Rome (et un peu plus) With Love

En ce moment, pas plus de temps pour les écrits que pour les chuchotements, ou alors si peu… Et au bureau, on enchaîne les sauts de puce ailleurs. Ailleurs au chaud et au soleil (dur !). Donc après l’échappée à Grenade la semaine dernière, c’est l’Italie qui nous appelle dès demain, le temps d’un aller et retour un peu alambiqué géographiquement parlant – voler à Roma, dormir à Perugia deux nuits et jouer à Spoleto au milieu, tu peux jouer à regarder sur une carte : ça te fera rigoler.

Mais ça tombe plutôt bien, parce que depuis que j’ai ri et souri devant To Rome With Love de Woody Allen et son empilage léger de cocasseries sur fond de clichés alla putanesca, je sens furieusement résonner en moi l’appel de la variétoche merdique pasta chaussure glace amarena lumière d’Ombrie sur les vieilles pierres. Je sens que ça va pas être trop traumatisant comme environnement gastronomico-culturel… Comment ça, "n’oublie pas que c’est pour le boulot" ?

Ah mais non, la preuve : quand je repense au film, je n’y vois plus que son atmosphère de vacances les scènes les plus tordantes, celles où le ténor Fabio Armiliato chante Pagliaci. Même qu’il nous arrive fréquemment d’en donner l’Interlude en guise de bis, même que c’est beau, que ça dégouline à mort  et que du coup la prochaine fois (dimanche ?) qu’on le jouera, j’en connais une qui risque le fou rire au lieu de la larme à l’œil, moi.

Le problème avec Wes Anderson…

C’est pas qu’il a des tics et des leitmotivs : dans Moonrise Kingdom on retrouve une fois de plus des personnages en quête de relations avec leurs parents, un chien estropié/avec un rôle bref, des décorations intérieures ringardes très assumées, des plans soignés plein de petits détails drôles, le coup de la caméra qui filme les habitations comme des wagons en passant de pièce en pièce à travers les murs, Bill Murray, et j’en oublie sûrement.

C’est pas la qualité de ses bandes sons qui savent créer une atmosphère toute cosy, ni son don pour trouver une chanson ringarde qui parle de la France (ici, c’est Françoise Hardy qui s’y colle) et qui va te poursuivre pendant longtemps après la projection. Je repense à Where Do You Go To My Lovely, titre avec lequel Jason Schwarzman se drogue pour se rappeler Natalie Portman dans À bord du Darjeeling Limited. Pour mémoire et pour Funambuline (qui aime les moustaches) parce qu’elle parle bien du film ici, le très fameux (?) Peter Sarstedt.

C’est pas non plus que pour ce dernier film il a mis de la musique de Britten partout : j’adore Britten, j’en ai joué (ah, le Playful Pizzicato de sa Simple Symphony qui a marqué mes toutes premières expériences d’orchestre au lycée, remember…), et surtout j’en ai chanté avec grand plaisir. Eh oui, quand tu es as eu été soprano et que tu as adoré faire partie d’un chœur des années durant, tu sais que ses œuvres pour voix d’enfants sont un régal. Même qu’il me semble que Alexandre Desplat a un peu été piocher dans un des Ceremony Of Carols - il me semble que c’est Babulalow - pour concocter sa musique originale, mais c’est pas grave.

Non, le problème avec Wes Anderson, c’est qu’il me happe un peu trop (ça m’avait déjà fait le coup pour le Darjeeling). Donc depuis que j’ai enfin vu Moonrise Kingdom (ben oui, j’ai tardé mais le jour de sa sortie j’étais à 8943 km) je suis restée un peu bloquée dans son univers aussi délicieusement régressif qu’un sachet de Tang (j’en ai vu en Argentine, dis donc !). Affaire de génération sans doute, son humour, ses référents et ses retours à l’enfance me vont droit au cœur de la madeleine, et ce n’est pas que à cause du chaton, de Bruce Willis qui vieillit bien, des affreux carreaux sur les froc de Bill ou du tourne-disque à pile, hein. Je me suis fait complètement avoir et par le scénario et par l’atmosphère, chose qui devient rare quand j’attends un film d’un réalisateur que j’aime avec impatience (parce que ça, c’est peut être le meilleur moyen d’être déçu).

Bref, je recommande, j’ai ri, j’ai adoré, et le pire c’est que maintenant je fais mumuse avec les produits dérivés. Par exemple avec le bingo Wes Anderson (faut cliquer sur l’image).

J’ai aussi trouvé un lien vers des posters interactifs sur les personnages. Oh, Jason !

J’en ai même oublié la cuisson de mes saints spaghetti en vadrouillant sur le site du film, c’est dire. Et j’ai subitement envie de porter des robounettes sixties avec des chaussettes et des godasses de mec.

Voilà, je crois que j’ai 12 ans et que je souffre de groupisme sévère…

Suntory Time

Quand je vois ça

D’abord je plains Tommy Lee Jones parce que le café en canettes japonais c’est vraiment dégueulasse. Ensuite ça me redonne une furieuse envie de Japon mais normalement ça devrait me tomber dessus avant la fin de l’année 2012 donc hystérie joie. Et puis surtout je revois la tronche perplexe de Bill Murray dans Lost In Translation et là, je glousse encore plus en songeant que cette scène n’était peut être pas si fictive que ça.

Non, oui, faut voir

Si tu es jeune, voire pré pubère, ou que tu te rappelles correctement l’époque lointaine où tu manipulais des feuilles et des crayons au lieu de passer ta vie le nez fourré dans les internets, tu auras reconnu dans mon titre le truc du plan infaillible de la dissertation de la mort de base. Va pas t’imaginer que je vais me casser la nénette à rédiger un truc intéressant, c’était juste une manière de dire que je vais faire un petit coup de catalogue fourre- tout. C’est quoi le féminin pour escroc ? Escroquette (bonjour, je suis goûteuse chez Whiskas) ? Escrotte (bonjour, je suis médaille d’or en estime de soi) ?

Va pour fripouille, allez (on va pas y passer la nuit), j’assume. Et donc.

À la rubrique NON on retrouve aujourd’hui le dernier machin de Francis Ford Coppola. J’en étais restée à son magnifique Dracula, et avec un nom pareil je m’attendais à en sortir nourrie (attention jeu de mot foireux en vue). Eh ben loin de m’envoyer sur Mars, Twixt m’a laissée sur mes deux doigts coupe-faim. Le navet, c’est bon quand c’est petit : quand ça vieillit, ça veut être beau mais dedans c’est vérolé, la pâleur devient peu ragoûtante, et puis c’est filandreux et dur à avaler.

NON toujours, la grève d’une catégorie de personnel dans mon usine corporelle. Je négocie avec mes épaules une reprise du travail progressive mais il semble que les syndicats soient durs en affaire, ça commence à me courir sur le haricot cette histoire.

Au rayon OUI, j’ai déjeuné hier gourmand et simple avec Tambour Major, eh ben tu sais quoi ? C’était mon trèfle à quatre feuilles du vendredi 13.

Autre énorme OUI, me voilà contrainte à me laver les mains très souvent dans la journée. Non que je fréquente assidûment des porteurs de germes contagieux, mais comme je suis depuis quelques jours l’heureuse maman propriétaire d’une tablette magique avec une pomme dans le dos et que je déteste les traces de gras doigts, ma maniaquerie accroît ma conso de savon.

Le OUI frivole, c’est que je me suis trouvé ce matin (j’avais juré que je ne craquais plus un rond ce mois-ci à cause de la tablette magique) une robe dans laquelle, sans me vanter et en toute modestie, je suis la plus magnifique bombasse de la galaxie. Ne me reste plus qu’à la porter, ce qui est pour moi depuis la nuit des temps l’épisode 0 de Mission Impossible, mais va comprendre, Charles…

OUI toujours, je me suis offert Furari, de Jirô Tanigushi. J’avais adoré Le gourmet solitaire, que m’avait fait découvrir Armalite, donc j’ai hâte de mettre mes yeux dedans.

Pour le FAUT VOIR, et seulement parce que je ne l’ai pas terminé encore, Colorful de Keiicha Hara est sorti en DVD. Une histoire d’âme qui gagne une deuxième chance sur terre en intégrant le corps d’un jeune garçon qui a raté sa sortie, une ambiance vraiment particulière et que je trouve très accrocheuse (le film a été doublement primé à Annecy en 2011), la bande annonce est par là.

FAUT VOIR, j’ai envie de changer de bannière. Ma photo de café sur l’arbre que j’ai faite de mes petits doigts-doigts est jolie mais elle ne ressemble à rien, et je me doute que tout le monde s’en fout mais c’est du souci. Et pour finir en queue de poisson parce qu’on va pas y passer la journée, si on regardait un grand monstre tout raide avec une voix d’outre tombe faire le fou-fou sur un plateau télé ?

Pirates !

Je suis encore toute réjouie de m’être botté l’arrière-train pour aller voir le dernier bébé de chez Aardman Animations hier soir tard. Car le Saint Spaghetti m’en est témoin, je tombais dès 19h00 (toujours pas dormi assez pour gommer la fatigue de tournée) et cette avant-première m’alléchait autant qu’elle me coûtait.

Mais non seulement il s’avère ce matin que, sans ça, j’aurais dû faire une croix sur la version originale (c’est vrai qu’une seule et unique séance en VO pour ce film dans un micro village comme Toulouse, ça suffit amplement… franchement, ouate le phoque, non ?). Mais qu’en plus, j’ai bien fait de m’asseoir sur la minable traduction française du titre pas alléchante du tout parce que j’ai ri comme une bossue. [Honnêtement, Les Pirates, point d'exclamation, Bons à rien, mauvais en tout, on est bien d'accord que ça donne pas envie, si ? Au pire, ils auraient dû se contenter de supprimer le Band Of Misfits. Mais bon, c'est anecdotique, c'est pas comme si le fait que la France est polyglotte comme moi je suis pape était une nouveauté.]

Voilà, j’ai grogné un peu, donc maintenant je peux le dire : je me suis régalée. Le Capitaine Pirate roi des losers en manque de paillettes et de célébrité, les soirées jambon, le roucoulement du "perroquet", l’apparition de Darwin, la Reine Victoria qui se croit dans Alice… très vite on comprend que l’histoire est délicieusement branque. Et là où c’est bon c’est que cette exubérance ne faiblit pas, ou juste d’un mini-poil de barbe aux 2/3. Et que pour la soutenir (l’éxubérance, pas la barbe), il n’y a pas que le fabuleux boulot d’animation, mais aussi des images pleines de petites conneries cachées. Je crois que j’ai raté plein de détails délirants/croustillants tellement ça déborde de partout.

Sinon, quid de la 3D ? Pas ébouriffante car pas utilisée à des fins "sensationnelles", mais pas négligée non plus : Peter Lord et John Newitt l’ont utilisée en reculant au lieu de se contenter d’envoyer une fois de temps en temps un tentacule de calamar ou un sabre dans la tronche du spectateur. C’est donc assez confortable, certes, mais intéressant. Et pour le reste, juste vas-y, c’est de la bonne et j’ai peur de spoiler à force d’enthousiasme (en plus on y entend les Clash et Supergrass). Moi, j’y ai encore trouvé une excellente  raison de pardonner au réalisateur de m’avoir tuée dans Chicken Run.

Une jolie featurette en british dans le texte avec Hugh dedans. Ah, Hiou…