J’ai d’affreuses douleurs de ventre !
J’ai un courant d’air dans mon centre !
Et je commence à divaguer !
Ding, ding, ding…
Mon très très piteux état viral/microbesque (rayer ma mention inutile) du jour mérite au moins cette citation du personnage de l’horloge dans L’enfant et les Sortilèges de Maurice Mon-Amour Ravel. Tout ce que je serai capable de faire si on parle à mes oreilles aujourd’hui se rapprochera donc à peu près de ça (utiliser un chat pour remplir l’espace virtuel des internets parce qu’on est bonne à rien : check). Et non, je n’ai pas abusé de la bière belge ou des froules ou des mites ce weekend, c’est juste la faute à pas de chance.
Maya est mauvaise joueuse : c’est pas parce que ses prévisions findumondesques sont erronées qu’il fallait qu’elle me fasse ce coup-là ! Les insectes sont des cons… même Paco (pacotille, me suggère le correcteur automatique) Rabanne n’avait pas été si rancunier quand Mir (la station, pas la lessive) ne s’était pas écrasée sur terre en 1999 !
Parce que je suis sûre que quelque part sous une pyramide pixelisée, Maya l’Abeille se venge en plantant des aiguilles dans mon système digestif. Je ne saurai jamais exactement qui que quoi quand, mais voilà : à coup de mains sales j’ai attrapé la nausée. Celle qui cloue au lit, refuse la verticale et fait regarder les toilettes en face. Plus un peu de fièvre (mais je ne sais pas pourquoi, je sens que c’est perceptible dans mon discours).
Quoiqu’il en soit, ce n’était pas l’idée que je me faisais de mon débarquement dijonnais. Et tu sais pas le plus agaçant ? Le wifi est trop mou ici pour que je me console à coup de vidéos de chaton sur internet, je vais donc mourir dans d’atroces souffrances (mais demain, je refuse de capituler en organisant un huis clos avec les mouches aujourd’hui).
Le Stanley Pickle ci-dessous m’avait l’air intéressant et joliment bizarre, tu veux bien me raconter comment c’est après les quatre premières minutes phoque de web à pédale ! ?
Merci d’avance, je retourne verdir telle la Princesse Fiona au fond de son lit.
Si j’étais moins tétanisée par mes tremblottis fiévreux, je pense que je crierais un bon coup contre le virus qui me transforme depuis ce matin en chauffage d’appoint. Que j’ai une valise japonaise à penser, un Marcel à chauffer et de l’excitation d’avant-départ à contenter, moi ! Je hurle phoque, je mange ma soupe et je vais au lit, mais avant, changeons de sujet et reparlons juste un peu d’Elijah, rien que pour tes yeux beaux.
J’avais déjà retrouvé Elijah Wood dans une vidéo sympa naguère. Cette fois, vous me direz juste si c’est moi qui vois des renards et qui sens mes dents grandir, ou la musique, quoique élaborée est un peu pénible il a les bras qui poussent ? Visuellement, ça se laisse bien manger en tout cas.
Voilà, je repoussais un peu le moment de parler de Rienzi, dont la première aura lieu dimanche, pour pas mal de raisons.
La première étant que parfois il faut attendre d’entendre une œuvre en entier et enchaînée sans les arrêts au stand pour établir son jugement. Lequel jugement n’était pas fabuleux, je l’avoue. Déjà, quand il me faut 20 ans pour comprendre un livret sans me mélanger les pinceaux, c’est mauvais signe (heureusement, Wikipédia compile mieux que ma bible papier). Mais je peux te la faire en pas long parce que je suis gentille : Rienzi, c’est un genre de peplum moyenâgeux, où le héros du même nom se retrouve au milieu d’une bataille entre deux familles de bourgeois parce que le fils Colonna (non, ça se passe à Rome, pas en Corse) a envie de se taper est amoureux de sa sœur. Qu’à cause de ça l’action vogue de révolte populaire en retournement de veste collectif et de bataille en triomphe en permanence. Ça parle aussi de papes, de pouvoir, de Rome qui brûle, le ténor est excommunié, bref, ça finit mal et voilà.
Une bande-annonce empruntée à une production berlinoise avec le même ténor/Rienzi
Batailles et armées, voilà donc qui fournit à Richard Wagner pour cet opéra de jeunesse un matériel de base dont le style est plus classique (dans le sens Weber/Mendelssohn) que romantique torturé – dommage, je dirais, parce que dans le deuxième genre j’aime d’amour le Wagner de la Tétralogie ou de Tristan. Classique et surtout (hélas) militaire. Moi qui pense que dans "musique militaire" il y a une contradiction dans les termes, je suis servie : ça défile, ça marche et ça pontifie lourdement sur quatre temps en criant "une – deux" dans tous les coins. Bref, je souffre un peu d’absence de mélodies sans uniformes, surtout compte-tenu du temps passé sur ces quatre heures de spectacle à jouer des trémolos sans fin.
Au final, je me rends compte que pour l’instant je subis cet opéra, qu’il m’atteint et me fait du mal. En sortant des répétitions je me suis toujours sentie un peu comme Frodon après un jour avec son Précieux Anneau des Nibelungen : fatiguée, irascible, moulue des bras, frustrée et négative, mais négative… comme si je n’avais pas eu ma dose de plaisir alors que je l’attends et la désire comme une folle.
Alors je ne désespère pas que ça change, parce que je crois en mon potentiel d’émotion positive, parce que je pense que le spectacle est bon, parce que les chanteurs dépotent, parce qu’il y a un cheval blanc qui n’appartient pas à Henri IV, et surtout surtout surtout… parce que j’attends comme le messie le 5ème acte pour réentendre un thème de l’Ouverture qui me chatouille l’échine, parce que comme dans Tannhäuser c’est beau un(e) héros (ine) désespéré(e) qui prie la nuit.
De quoi redonner 20 tonnes de foi en la musique : Rienzi, Allmächt’ger Vater (Gebet)
Voilà comment, en un instant, un sale caillou pointu et râpeux a brisé aujourd’hui mon rêve de toujours : devenir mannequin-jambes à moitié nue pour une marque de collants hors de prix, passion qui aurait accessoirement pu arrondir mes fins de mois. Je vais quand même envoyer un dossier à Urgo : sait on jamais, ils ont peut être une gamme de produits spécialement adaptés aux grandes dindes de 40 ans qui se font des bobos aux genoux…
(ceci est ma manière toute personnelle d’exprimer mon total et sans aucune réserve ravissement concernant mon court séjour en Ariège, mais j’espère y revenir un peu mieux très rapidement)
C’est fou comme une radio de l’auriculaire, de face, ça passe bien, limite ça fait chic et timburtonnesque, avec la bagouze. En revanche, de profil, ça prête à confusion, non ?
Je sais, j’ai triché, le levé le doigt. Mais l’essentiel dans cette nouvelle (et dernière, je le veux) gourderie du moment *, c’est que Auriculou n’a rien de grave, qu’il a juste un tendon un peu fripé et que j’ai bien l’intention de l’emmener jouer à Grenade la semaine prochaine.
En attendant, bien à l’abri dans sa belle orthèse ridicule, mon petit doigt dort (humour, jeu de mot capillotracté dans le titre et hilarité générale, merci).
* Les conseils de tata Nekko : garder son calme devant un blister trop costaud, et ne pas confondre son petit doigt avec un rayon laser magique, ça ne marche pas et ça fait mal.