La daube dédicacée du dimanche

Des pensées spéciales aujourd’hui à Mdame Jo qui s’apprête à démarrer un nouveau bout de tranche de vie Outre Alpes côté sud, là-bas, au pays des délices (oh ciel, ça me fait penser que je n’ai pas avalé de Saintes Pâtes depuis au moins dix jours, le manque commence à se faire sentir, je me demande si, comme ce monsieur, je ne vais pas avoir besoin d’un nouveau couvre-chef pour compenser) et de la variété difficile… Je n’oublie pas non plus Funambuline qui voit ainsi s’éloigner une de ses compagnes d’apéro favorites, parce que je sais, pour l’avoir vécu, que c’est difficile.

Une tranche de Felicità en guise de vœux de bonheur ne saurait nuire, non ? (enfin si, à nos oreilles mais Viva Italia quand même, allez).

Dans la troupe, il y a de la daube de choix

[Comme je fais le pont du 15 août jusqu'au 1er septembre, je décrète que c'est dimanche tous les jours et que par conséquent, la daube se donne le droit de tomber n'importe quand. Amen]

Il y a des circonstances dans la vie pour lesquelles on ne choisit pas la bande son. J’ai, par exemple, #mardiconfessiondelahonteintersidérale déjà passé une très bonne soirée avec David Guetta (pas en vrai, ouhlà, ne poussons pas le bouchon pour oreilles trop loin, merci). Mais soyons honnêtes, c’était bien plus grâce à la compagnie, au lieu et à l’ambiance générale de la soirée qu’autre chose.

En ce moment, je suis donc branchée en mode “aération des puces” et je marche. Juste un peu, ou un peu plus, plus ou moins haut, sur les chemins, dans les forêts, les pâturages de vaches, de chèvres ou de marmottes. Et quand je marche, c’est une question de tempo (comme l’amour en mer de Philippe Lavil), il y a toujours une rengaine qui s’impose à moi. Le souci, c’est que je ne peux jamais prévoir ni ce que ma mémoire va exhumer, ni la nature de la chose, ni dans quel recoin elle va aller pêcher.

Hier, alors que le frangin était, lui, poursuivi par Michel Delpech, je me suis retrouvée envahie par Buzy. Je le jure, pourtant, votre honneur : je n’ai jamais apprécié ce titre (débile, en plus). Mais bon, je ne résiste pas au plaisir de vous pourrir les oreilles. Comme ça avec un peu de bol, je marcherai avec une autre connerie en tête aujourd’hui. Zou : Buzy, Body Physical.

La daube du dimanche en vacances

J’ai pas mal hésité, j’avoue. Mais il faut bien l’avouer, quand on choisit en toile de fond pour des trajets en voiture du moment “le son pop-rock” une radio pour vieux cons qui ont connus l’époque de Croque vacances, des mange-disque et des walkmans, c’est pas l’embarras du choix de la daube qui manque.

J’aurais pu être super moderne et choisir ce merveilleux titre de Jali rien qu’à cause de cette très jolie phrase qui me fait frémir d’émotion à chacun de ses 15 passages* à l’antenne quotidiens : “Fais gaffe en traversant j’ai croisé pas mal de renards.

* Simple déduction statistique, car là où je suis on ne pratique pas la torture musicale, ou alors involontaire (à coup de gamins accros à la pub Nutella qui couinent Glorious en boucle)(juste, ce qui est déjà ça, mais bon quand même).

Mais j’ai finalement préféré Gérald De Palmas (qui pour ce post était en finale avec les Gun’s & Roses) parce que comme moi en ce moment il est au bord de l’eau. Ceci est aussi une charmante chanson à texte dans laquelle il explique qu’il passe des heures à se taire. Sauf quand il est devant un micro en studio, ce qui est bien dommage.

Nombrilisme au carré

Il y a plusieurs manières de faire des sauts périlleux. L’une d’elle consiste à remettre le nez (les yeux, en l’occurrence) dans une œuvre qui a profondément marqué ta néo-adolescence.

Flashback, donc : à cette époque, j’ai souffert d’une grave crise de greenawite suraigüe, déclenchée par la vision de A Zed And Two Noughts (Zoo en français). Peter Greenaway a nourri mes années 80 de ses films tordus et conceptuels, et parmi ceux que j’ai vus et revus sur le coup, allant jusqu’à me gaver de la BO dans mon radio-cassette (si tu as moins de 20 ans et que tu te demandes avec l’air goguenard ce qu’est une cassette et qui est donc ce dinosaure que tu es en train de lire, je te prierai quitter l’endroit et de fermer cette fenêtre. Et sans la claquer, merci, espèce de galopin) il y avait Le ventre de l’architecte. J’avoue que j’étais à la fois impatiente et un peu frileuse à l’idée de revoir la chose pour la première fois depuis quasiment vingt ans, car j’avais peur d’être déçue.

Exercice dangereux durant lequel le film en question n’a pas perdu la moindre plume. J’ai à nouveau suivi avec plaisir le réalisateur dans une Rome filmée comme une carte postale obsédante oscillant entre (néo) classicisme et néo-fascisme. Très réussie aussi, la mise en abyme du héros (l’architecte) en proie à des affres qui rongent à la fois sa fierté professionnelle (il doit rendre hommage à un autre architecte qu’il vénère dans une cité dont les bâtiments et le passé l’hypnotisent) et son ego de mâle (bah, sa femme batifole ailleurs mais étant donné son élocution insupportable, c’est pas vraiment une grande perte).

Rapidement, tout tourne autour de son ventre, et même si la profusion de symboles chère au réalisateur devient parfois un peu too-much (allusions bibliques, vie et mort, fertilité et pourriture entremêlés à gogo), le plaisir vient en grande partie des yeux : Greenaway use et abuse de ses connaissances en histoire de l’art pour filmer et créer des tableaux animés aux constructions faussement symétriques, partout et tout le temps. Avec un code couleur simple : du noir, du blanc/beige et toujours une touche de rouge plus ou moins appuyée. D’ailleurs ça commence avant le générique avec… une boîte à violon ! La musique répétitive de Wim Mertens est de plus en parfaite adéquation avec ce scénario farfelu et pas gentiment bizarre, car un poil glauque quand même.

Quelle meilleure garantie d’une soirée vraiment typée et carrément réussie, avec les apéricubes et les rochers Ferrero en moins ?

De ce saut périlleux-là, j’aurai donc atterri sur mes pieds. Encore une histoire de pomme, en somme (oui, le billet d’une livre, Isaac Newton et la gravité ont aussi le beau rôle dans le film). J’ai bien peur que dans la foulée il y ait du Cuisinier et du Jardin anglais dans l’air…

Color débloque

Je m’en vais voir dans les rues de Paris si vraiment la tendance so called color block trouve un réel écho chez les clientes acheteuses fashionistas. Parce que dans ma campagne toulousaine, nada.

Et j’avoue que c’est tant mieux, car je ne me sens pas encore psychologiquement prête à avoir Bioman pour idole vestimentaire (pourquoi diable ne laisse t-on pas la mode des années 80 reposer en paix avec trois bouquets de fleurs par dessus ?)

Desperate Housewife

En Bref

Aujourd’hui, j’ai gratté mon violon répété trois heures, je suis rentrée déjeuner chez moi pendant la pause. J’ai mangé des légumes verts, et une pomme pour le dessert. J’ai récuré ma cuisinière avant de repartir au bureau rejouer deux heures encore. Puis je suis allée voir un bébé, l’ai fait sourire, et ai réussi à lui chanter autre chose qu’une chanson paillarde. De plaisir, il en a bavé sur mon top Les petits hauts et je n’ai pas fait la grimace.

J’ai fait le chemin du retour à l’heure de l’apéro et au lieu de téléphoner pour lancer un appel à la bière, je suis allée au supermarché remplir un cabas. Et en rentrant j’ai passé l’aspirateur, mais il me reste le lave-vaisselle à vider et la poubelle à sortir.

Je vis dans les années 60, venez me chercher !

Je veux un esclave. Ou des vacances. Ou les deux. Ou n’importe quoi qui me sorte de la tête ce que Tambour Major vient d’y mettre, le fourbe. Je vais boire un truc, je crois… ti-punch ?