Ok Corail

À quoi donc saurait-on reconnaître une violoneuse en (trop brève villégiature) au bord du Léman ?

Au fait qu’elle ressemble à une endive aveugle parce qu’elle a laissé ses lunettes de soleil en Toulousie et que le soleil, si bon mais encore frais à son goût de frileuse, lui en met tellement plein la vue que ses yeux rétrécissent façon taupe à chaque fois qu’elle met la truffe dehors ?
Ou plutôt au fait qu’elle profite honteusement de la joyeuse hospitalité agrémentée de félins de MdameJo pour demander à l’experte Funambuline de transformer ses griffes en touches rigolotes et flashy mais mattes (la chose étant impensable pendant les heures de bureau, vu qu’une manucure lui donne l’impression d’avoir un éléphant assis sur chaque doigt, sensation vaguement handicapante côté vélocité) ?

Et oui, je bois du thé (au moins au réveil).
En voilà une couleur qui te crie la joie et le printemps dans les yeux, j’aime j’aime j’aime ! Mais le premier qui dit qu’avec ma carnation ça me fait ressembler à une coquille Saint¬Jacques se prend le corail dans le museau façon règlement de comptes.

Visage moins pâle

Votre mission, si vous l’acceptez :

Prenez l’avion demain matin et traversez l’Atlantique pour atterrir à Fort-de-France sans faire une crise de stress à bord parce qu’ «on va tous s’écraser, vu que c’est lourd ces machins-là». Tentez ensuite de transformer votre teint en autre chose que celui du fantôme d’une endive cernée : faites-vous braiser, quoi, vous et vos jambons n’en serez que meilleurs (rire gras) !

Flambez-vous un peu au rhum, mais soyez raisonnablement saoule. Et non, ne me pompez pas l’air avec la valise : vous ne pourrez JAMAIS tout prévoir. Donc le masque à gaz et la tronçonneuse, par exemple, c’est inutile. Et cessez de vous plaindre que Zakaria le ténia (un nouvel agent ??) vous a fait prendre 1500 grammes à Paris et qu’en maillot vous ressemblez prétendument à une Baleinoptera Gigantis : vous nous gonflez !

Glandez violemment, c’est un ordre, il en va du salut de votre pays. J’espère que vous saurez donc faire un effort et briller par votre patriotisme pendant ces 10 jours.

Le patron

P.S. Nous exigeons des cartes postales.

Ce rêve en collant bleu

Les jours où Wonder Woman fatigue, il lui arrive de rêver de tout plein de choses folles.

Par exemple, que sa peau ne se prendrait plus pour un baromètre de son état de fatigue général et musculaire, au point  en cas d’épuisement de devenir aussi sensible et douloureuse qu’un énorme hématome. Heureusement, c’est invisible : le bleu, ça n’est beau que sur le costume, sous les étoiles.

Qu’elle saurait assurer les transports et les contingences matérielles à la vitesse de la pensée. Non pas pour en profiter pour aller sauver des orphelins ou trucider des veuves, elle est bien trop égoïste : elle se dit qu’elle serait plus vite rentrée de son Super-Boulot, et retrouverait enfin avec un plaisir complètement avoué la possibilité de ne rien foutre.

C’est que ces derniers jours, elle en cherche furieusement et hélas sans succès, du temps à perdre… elle commence bizarrement à de sentir proche d’un certain Marcel qui aimait les madeleines, d’ailleurs. C’est sûr, elle pourrait se débrouiller pour faire diversion en roucoulant en collant comme Super et Spider. D’habitude, l’idée l’émoustille à peu près. Mais là, elle leur trouve l’air tellement, mais tellement niais ! On lui accordera que ce n’est pas parce qu’elle s’aigrit avec l’âge…

Holiday

Ah mais que voilà une merveilleuse bizarrerie foldingue ! On était prévenus avec la bande annonce, Holiday est un film cochon. Mais bien plus cochon-sale que cochon-gravelax, en fait. Quoique… égalité ?

Bon, âmes sensibles aux trucs gluants, cradouilles et organiques dans le sens pas toujours ragoûtant du terme s’abstenir : de ce côté-là, le film ne fait pas toujours dans la dentelle. Avec quelques trouvailles dans un bruitage de génie : quoi de mieux pour figurer la puanteur extrême d’un personnage que de  l’accompagner systématiquement d’un léger vol de mouche ? Ou qu’un abominable schgnik-schgnik dans un saladier pour rendre la préparation d’un guacamole répugnante ? Mais de toute façon, la galerie de portraits et son environnement sont déjà fleuris, disons que le réalisateur enfonce juste le clou.

Pour le reste, je me suis régalée : le huis clos dans le château provincial, l’ambiance "Agatha Christie est sous acide avec 4 grammes", les personnages tous plus cinglés les uns que les autres et les petites perles disposées ça et là dans les dialogues, le mélange complètement agité et re-secoué est bien extra-terrestre. Et à mon avis carrément réussi. En plus, Holiday  se trouve être le deuxième film français à me faire passer un vrai bon moment en moins d’un mois, ça s’arrose !

Sur ce tu sais quoi ? J’avais pas tout à fait choisi de parler de ce film aujourd’hui par hasard, car c’est vacances. Donc j’exulte un peu, beaucoup, à la folie, passionnément et ça s’arrête là. Pour la peine, j’ai complètement négligé les Bee Gees et les Scorpions dans la playlist [edit : aussi peu sérieuse qu'exhaustive] de circonstance.

Vous avez un massage

Enfin un vrai jour de lenteur après ce tourbillon russo-parisien complètement exaltant et festif. Un vrai jour pour se poser, se rappeler et apprécier de nouveau les folles gâteries de ces derniers temps. Me souvenir qu’on m’a comme rarement abreuvé de toutes sortes de boissons et de belles nourritures terrestres, spirituelles… On voit donc que je vais pouvoir savourer de la tisane au miel en mettant mes "chaussettes de chèvre" arc-en-ciel quand je cuisinerai des muffins en lisant un roman et un roman graphique, tout en feuilletant un beau livre de photos car je me préparerai à sortir avec un masque qui rend belle, des couleurs sur mes yeux et mes nouvelles boucles d’oreille en forme de nuage variable, non sans m’être savonnée avant de boire un café dans mes tasses design en croquant dans du chocolat, et d’accrocher une chinoiserie à mon téléfon. Oui, il manque des trucs sur la photo de classe, et tout spécialement une nourriture corporelle dont j’avais oublié le bonheur et le bienfait : hier, cadeau toujours,  je suis allée offrir mon corps à des mains expertes enduites d’huiles odorantes qui tenaient des pierres chaudes. C’était la cerise sur le gâteau du bonheur sensoriel : ordre, beauté, luxe, calme et volupté. Sans les esclaves nus tout embaumés d’odeurs, certes, mais quand même, je dois avouer que cette grosse heure là a eu la propriété d’arrêter la course du temps. Mais comment , comment ai-je pu rester si longtemps sans envisager d’offrir à mon - en toute modestie – corps de rêve - j’avais prévenu - un tel délice ?

Un jour de lenteur donc, pour prendre de le temps de lire ailleurs, rêvasser, écrire pour ailleurs, hiberner un peu, observer… et sourire, surtout.

Rien qu’une larve à tes yeux *

* je ne dis pas "moule", Nicolas dirait encore que je suis vilaine

Je peux dégainer mon drapeau victorieux et l’installer sans honte aucune tout là-haut : cette semaine, je pense avoir atteint l’Himalaya de l’improductivité. J’ai des tas de trucs, de machins et de paperasses à faire, ranger, régler, ça m’effraye mais je ne bouge pas l’ombre d’un petit doigt. Enfin si, juste ce qu’il faut pour que personne ne me fasse de reproches. Je me sens autant de neurones en activité que la limace que j’ai perturbée l’autre nuit en rentrant (bon, là, j’ai quand même fait l’effort de crier en la voyant, faut pas exagérer). Mon activité physique a atteint le presque néant et je prends un plaisir fou à lézarder dans les derniers rayons du soleil de l’année. Ah si, j’ai recommencé à m’étirer dans tous les sens et mon corps retrouve sa souplesse avec délectation, mais je fais ces choses épuisantes à l’horizontale, sinon ça fatigue. Je souris souvent car j’ai aussi entamé une contre-attaque musicothérapique pop totalement béatifiante avec Belle & Sebastian. Tournez manèges, valsez grenouilles !

Le quotidien, lui, me passe à peu près à mille lieues au dessus de la tête, ce qui fait très très haut parce que je me promène dans la stratosphère. D’ailleurs, je viens me planter 3 fois par jour devant le frigo avec une telle flemme de me nourrir que je serais quasiment prête à me prostituer pour qu’on s’en occupe pour moi. Ceci dit, je ne cracherais pas sur quelques caresses non plus.

En fait je pense sérieusement que je suis en train de me transformer en chat…