Banane-bannière

5 fruits et légumes par jour

Conséquence prévisible d’une semaine de sommeil réduit à 5h par nuit, je me traîne comme un sac de patates. Ça tombe bien, demain on part jouer à Turin, je sens là une belle occasion d’aggraver mon cas. Mais bon, on s’en fout un peu, j’ai plein de jolis souvenirs de Paris et d’antidotes à la morosité en stock.

En premier, cadeau du frère : du rythme 60’s pour mes pieds et un vrai sourire pour la tête, histoire d’avoir la pèche au moins en dedans.

Dorival Caymmi – Berimbau (Ritmo de Capoeira)

Ce matin, histoire de faire du bien au dos, j’ai passé une bonne heure assise / vautrée dans l’eau tiède et les bulles bienfaisantes des piscines magiques de Calicéo. Cadeau bonus : un temps magnifique. D’où éruption d’adorables taches de rousseur sur tout mon museau. Et ça, j’adore. Parce ça sent l’été à plein nez piqueté !

Je ricane encore (un peu jaune, mais bon) en repensant à ce retour épique de jeudi soir nuit. Spécialement au moment où, voyant que notre train allait tout comme ses copains rester à quai à Montparnasse encore au moins une heure et demie, mes collègues et néanmoins amies d’infortune ont réussi à me convaincre de m’éloigner de plus d’un mètre du véhicule et d’aller boire un café dans le hall des départs (même quand il est sous mon nez, j’ai peur de rater le coche, c’est ridicule mais bon…). En arrivant en tête de TGV, nous avons constaté que bous étions parqués sur le quai et que de toute façon tout était bouclé et désert : il y avait un pirate dans la vigie. Preuve.

Et tout ça pour quoi ? Bouge pas je zoome.

Une pensée émue pour le bambin qui avait oublié son sac à dos rouge et qui a dû arriver juste à temps pour voir les flics faire exploser sa Nintendo DS et ses Choco BN…

Voilà. Je sais, ce post c’est n’importe quoi et il nous manque un chouia de verdure pour arriver au compte juste, mais vadrouille incessante oblige, le frigo est plein de vide, et le houblon ça compte pas.

Ok Corail

À quoi donc saurait-on reconnaître une violoneuse en (trop brève villégiature) au bord du Léman ?

Au fait qu’elle ressemble à une endive aveugle parce qu’elle a laissé ses lunettes de soleil en Toulousie et que le soleil, si bon mais encore frais à son goût de frileuse, lui en met tellement plein la vue que ses yeux rétrécissent façon taupe à chaque fois qu’elle met la truffe dehors ?
Ou plutôt au fait qu’elle profite honteusement de la joyeuse hospitalité agrémentée de félins de MdameJo pour demander à l’experte Funambuline de transformer ses griffes en touches rigolotes et flashy mais mattes (la chose étant impensable pendant les heures de bureau, vu qu’une manucure lui donne l’impression d’avoir un éléphant assis sur chaque doigt, sensation vaguement handicapante côté vélocité) ?

Et oui, je bois du thé (au moins au réveil).
En voilà une couleur qui te crie la joie et le printemps dans les yeux, j’aime j’aime j’aime ! Mais le premier qui dit qu’avec ma carnation ça me fait ressembler à une coquille Saint¬Jacques se prend le corail dans le museau façon règlement de comptes.

Visage pâle (hugh)

Visage moins pâle

Votre mission, si vous l’acceptez :

Prenez l’avion demain matin et traversez l’Atlantique pour atterrir à Fort-de-France sans faire une crise de stress à bord parce qu’ «on va tous s’écraser, vu que c’est lourd ces machins-là». Tentez ensuite de transformer votre teint en autre chose que celui du fantôme d’une endive cernée : faites-vous braiser, quoi, vous et vos jambons n’en serez que meilleurs (rire gras) !

Flambez-vous un peu au rhum, mais soyez raisonnablement saoule. Et non, ne me pompez pas l’air avec la valise : vous ne pourrez JAMAIS tout prévoir. Donc le masque à gaz et la tronçonneuse, par exemple, c’est inutile. Et cessez de vous plaindre que Zakaria le ténia (un nouvel agent ??) vous a fait prendre 1500 grammes à Paris et qu’en maillot vous ressemblez prétendument à une Baleinoptera Gigantis : vous nous gonflez !

Glandez violemment, c’est un ordre, il en va du salut de votre pays. J’espère que vous saurez donc faire un effort et briller par votre patriotisme pendant ces 10 jours.

Le patron

P.S. Nous exigeons des cartes postales.

Ce rêve en collant bleu

Les jours où Wonder Woman fatigue, il lui arrive de rêver de tout plein de choses folles.

Par exemple, que sa peau ne se prendrait plus pour un baromètre de son état de fatigue général et musculaire, au point  en cas d’épuisement de devenir aussi sensible et douloureuse qu’un énorme hématome. Heureusement, c’est invisible : le bleu, ça n’est beau que sur le costume, sous les étoiles.

Qu’elle saurait assurer les transports et les contingences matérielles à la vitesse de la pensée. Non pas pour en profiter pour aller sauver des orphelins ou trucider des veuves, elle est bien trop égoïste : elle se dit qu’elle serait plus vite rentrée de son Super-Boulot, et retrouverait enfin avec un plaisir complètement avoué la possibilité de ne rien foutre.

C’est que ces derniers jours, elle en cherche furieusement et hélas sans succès, du temps à perdre… elle commence bizarrement à de sentir proche d’un certain Marcel qui aimait les madeleines, d’ailleurs. C’est sûr, elle pourrait se débrouiller pour faire diversion en roucoulant en collant comme Super et Spider. D’habitude, l’idée l’émoustille à peu près. Mais là, elle leur trouve l’air tellement, mais tellement niais ! On lui accordera que ce n’est pas parce qu’elle s’aigrit avec l’âge…

Holiday

Ah mais que voilà une merveilleuse bizarrerie foldingue ! On était prévenus avec la bande annonce, Holiday est un film cochon. Mais bien plus cochon-sale que cochon-gravelax, en fait. Quoique… égalité ?

Bon, âmes sensibles aux trucs gluants, cradouilles et organiques dans le sens pas toujours ragoûtant du terme s’abstenir : de ce côté-là, le film ne fait pas toujours dans la dentelle. Avec quelques trouvailles dans un bruitage de génie : quoi de mieux pour figurer la puanteur extrême d’un personnage que de  l’accompagner systématiquement d’un léger vol de mouche ? Ou qu’un abominable schgnik-schgnik dans un saladier pour rendre la préparation d’un guacamole répugnante ? Mais de toute façon, la galerie de portraits et son environnement sont déjà fleuris, disons que le réalisateur enfonce juste le clou.

Pour le reste, je me suis régalée : le huis clos dans le château provincial, l’ambiance "Agatha Christie est sous acide avec 4 grammes", les personnages tous plus cinglés les uns que les autres et les petites perles disposées ça et là dans les dialogues, le mélange complètement agité et re-secoué est bien extra-terrestre. Et à mon avis carrément réussi. En plus, Holiday  se trouve être le deuxième film français à me faire passer un vrai bon moment en moins d’un mois, ça s’arrose !

Sur ce tu sais quoi ? J’avais pas tout à fait choisi de parler de ce film aujourd’hui par hasard, car c’est vacances. Donc j’exulte un peu, beaucoup, à la folie, passionnément et ça s’arrête là. Pour la peine, j’ai complètement négligé les Bee Gees et les Scorpions dans la playlist [edit : aussi peu sérieuse qu'exhaustive] de circonstance.