Il y a des gens qui peignent la girafe, et puis il y a des souris qui coiffent des chats, devine donc lesquels m’attirent en tout premier ? Spécialement si on les trouve dans un petit film qui n’est rien d’autre que la carte de vœux de Michel Gondry (cri de groupie bien déçue de son dernier long métrage).
C’était vendredi nuit. Alors qu’après 2h00 environ de guignolades non stop sur la piste souterraine du Market Club à Perpignan (oui, Perpignan, je sais. Mais mes compagnons de débauche chorégraphique et moi-même sommes un peu prêts à tout pour fêter une fin de tournée, et il se trouve que ce club nous a offert un genre de super-banco de la playlist) (on a tellement occupé la piste que le patron nous a offert une tournée, dis donc !) je dansais le Mia, j’ai eu une bouffée de Gondry. Normal.
Et puis je me suis rappelée qu’il avait pondu une vidéo marrante et sympatoche pour Kylie Minogue, et je me suis dit que, quand même, elle pouvait pas être si niaise que ça, cette chansonnette, quand même, allez. Ben en fait si.
Kylie Minogue, Come Into My World mis en image par Michel.
À Saint-Petersbourg, les guides n’ont pas su se mettre d’accord : oui ou non, le métro est-il le plus profond du monde de l’univers, on ne le sait pas. Peu importe, il est comme dans toutes les grandes villes un bon reflet du quotidien des vraies gens, chose avec laquelle je cherche un peu un contact en tournée, étant donné qu’on a rarement la chance de causer aux autochtones ailleurs que dans des réceptions d’ambassade, entre deux Ferrero rochers… Non, j’exagère un peu, mais c’est vrai qu’on peut avoir du mal à prendre la température des villes où on joue. Bref, celui-là m’est apparu globalement moins ébouriffant que celui de Moscou, probablement en grande partie parce que je n’ai pas vraiment cherché à le "visiter". Je n’ai donc pas vu la fameuse station Vosstaniya et probablement quelques autres perles du genre, mais en laissant traîner mes yeux, je me suis quand même bien fait plaisir. Allez, affronte la dame qui fait la gueule au guichet, achète ton jeton (oui, ici, pas de ticket en papier, faut que ça sonne) pour 22 roubles et viens avec moi !
À Sadovaïa, grosse station croisement de trois lignes, on descend les fameux 90 mètres sur des escalators vertigineux (mais moins qu’une chaise pour changer une ampoule). On retrouve comme à Moscou le plafond en demi-lune dans tous les couloirs, c’est un peu comme si une grosse chenille avait rongé le sous-sol pour faire de la place aux machines. Et même quand le décor semble basique, en cherchant bien, on déniche un témoin du goût local pour le fastueux. C’est dimanche matin, il n’y a pas un chat.
Des images dominicales volées, et un constat : là en bas, on se moque des lapins qui se coincent les doigts dans les portes, on préfère juste que tu n’encombres pas les voies en tombant.
Et puis au hasard d’une errance aux pieds fatigués… Sportivnaya, près d’un stade où jouait le Zenit Saint-Petersbourg cet après-midi là. Mosaïques greco – olympico – soviétiques à gogo et supporters en furie, hélas non photographiés, descendant par paquets de cinquante de la rame d’en face : un régal !
Le lendemain, les chats étaient tous revenus, c’était la guerre pour survivre et je n’avais qu’une hâte : quitter les enfers pour remonter à la surface (bon, et puis accessoirement, il y avait un public à enchanter…). C’était long, cette sortie, j’ai même pensé un instant que ce que je voyais aurait pu servir à Gondry pour la vidéo de Star Guitar !
La dernière fois que je l’ai vu, il était pas toujours propre, il chaussait du 58 fillette et avait du poil aux orteils. Il était obsédé par le précieux extra-terrestre de Roswell, avait fauché un anneau en or chez Nibelungen, la bijouterie du quartier, et arborait en permanence l’air torturé et coupable d’un chat qui a fait pipi sur le tapis du salon.
On devinait qu’ Elijah aime la bonne niaiserie après l’avoir vu dans Eternal sunshine of the spotless mind. Et bien, sourions en ce joli mardi, arborons nos couleurs les plus funky et jetons nous sur nos compilations de synthé préférées : même avec la raie sur le côté, il est à croquer quand il fait l’andouille avec les pommes !
Mes yeux plus gros que le ventre en rêvaient, je l’ai fait.
En revanche, le jarret de porc est mort… mais vive le jarret de dinde !
Oui oui, celui qui a un énorme hématome enflé dessus. Non mais qui a eu l’idée de me dire que c’était superbe, ce tourbillon de flocons dans la lumière bleue de la nuit ? Parce que forcément, j’ai regardé, j’ai admiré et j’ai voulu en gober un en vol tout en marchant, car je suis une gourde avec une âme d’enfant. C’est ce moment précis qu’à choisi un très petit bac à fleurs ( 3 mètres sur 1 , 80 cm au garrot environ ) pour m’attaquer lâchement la cuisse. Sous un réverbère, par devant, au milieu du chemin, et devant témoin en plus, le fourbe. Conclusion :
Jambonneau moulu, jambonneau foutu ( proverbe de Stuttgart, XVème siècle avant Saint-Strudel Le Grand )
…
Rien à voir, mais alors rien du tout, en passant là comme ça, au milieu de toute cette neige autrichienne de vie, je me rappelle que je ne vous ai pas envoyer bronzer sous mes cocotiers pour Interlignage. Et puis avec un peu de bol, je viendrai vous pomper l’air avec ma tournée germanophone une dernière fois pour vous conter ma haine de Salzburg.
Ou comment combattre tout risque d’humeur dite "groin-groin" nuisible à tes relations sociales après une lutte perdue contre la température tropicale de la nuit précédente …
Solution n°1: La "laisser mollir" attitude
Pas désagréable du tout … carrément de saison (cri-cri de cigale)
Vu sur mon réveil ce matin: "5:55"(quand Charlotte Gainsbourg ne manque pas d’Air)
D’accord, on ne peut pas dire que la miss fasse baisser la température
…
Perso, je vais opter pour ça: mon plat du jour qui danse, avec un café bien serré, merci garçon !
Solution n°2: La "bouge-toi, le reste viendra" attitude
Chemical Brothers: Let forever be
(Gondry et ses frères chimiques voient tout en multiples exemplaires … c’est louche …)