Vertigo

Un jour peut être, je possèderai un appareil qui fait des clichés nets avec peu de lumière… en attendant ce bonheur hypothétique d’un monde moins flou et sans bruit, contente donc toi de cet évènement : une fois n’est pas coutume, je suis tombée en amour d’une limace d’un escargot. Celui-ci se niche dans la cathédrale de Pampelune, et lui, au moins, ne finira pas en tapas avec de l’ail. Et de l’huile, beaucoup.
Graissement vôtre.

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(… à suivre…)

L’ombre d’un doute

Depuis mardi, le côté cinématographique du programme du concert de ce soir m’apparait de plus en plus évident. Bon, pour l’instant, le Concerto pour clarinette de Copland ne m’évoque que « Tom Sawyer, c’est l’Amérique, le symbole de la liberté » et des heures de boulot tellement c’est imbitable, chut c’est un secret. Mais avec les Chairman Dances de John Adams, je plonge directement dans l’atmosphère des films de Greenaway (ou même précisément dans Amore, dont j’avais causé ici).

Et puis surtout, je n’arrête pas de me demander si Béla Bartók connaissait le cinéma d’Alfred Hitchcock quand il a fui le nazisme en se réfugiant aux États-Unis. Parce que quand on entame l’Élégie du Concerto pour orchestre, je visualise immédiatement des films sortis quasiment au moment de sa composition comme Rebecca ou Soupçons. Si si, ferme les yeux, tu vas voir ça marche bien. Et reprends donc un verre de lait.

T’as le bonjour d’Alfred

Une partition pas vraiment anodine s’est refermée hier soir.

La voix humaine de Francis Poulenc, sur un texte de Jean Cocteau, est une œuvre dont le réalisme ne laisse pas indemne. Particulièrement la fin, non pas parce qu’elle est dramatique, mais parce que les thèmes et les harmonies qui tordent le cœur et l’émotion prennent enfin le temps de s’y révéler. Ceci dit, franchement, il était temps que cette musique belle mais lourde s’éloigne, elle a quasiment recouvert chacun de mes lendemains de spectacle d’un voile gris. Ok, c’est parce que je le voulais bien : je n’ai qu’à être sound&emotionproof … bref.

Cette atmosphère tourmentée, et cette histoire de femme au bord de la crise de nerf, voilà deux semaines qu’elle me fait penser à des héroïnes d’ Hitchcock, et à la manière dont ce très cher Alfred aimait bien manier les hystéries et malmener les femmes.

Comment ça, non ?

La preuve avec une petite collection de damoiselles pas gâtées par le Maître, et qui ne respirent pas vraiment la joie de vivre : entre névroses, tendances suicidaires, paranoïa, et masochisme, venez donc que je vous (re) présente Marnie , Judy/Madeleine , Lina et Mrs De Winter n°2 .

Non, on ne suicide pas, on revient, c’est fini, là, là… Tout va bien, on file au pub, on sourit, on boit un verre et on se rappelle que chez Hitch, la femme peut aussi être un sacré bon réservoir à optimisme. Et même si pour moi, la Doris Day de « L’homme qui en savait trop » ne sera jamais la merveilleuse tornade qu’est Grace Kelly dans « Fenêtre sur cour », aujourd’hui, j’en veux bien, moi, de sa philosophie de chambre à coucher. Que Sera, Sera !