Musique de chambre

Malheureusement, ça devait être un peu moins esthétique, et puis il n’y avait pas la musique (dont je ne suis pas vraiment fan, mais qui a le mérite de réveiller un chouïa). En revanche au niveau de la qualité de la nuit pourrie, on ne doit pas être très loin… oui, c’est comme ça que j’envisage une compétition d’insomnie artistique. Sinon, effectivement it’s alright. Bon lundi, avec le sourire de la ballerine.

Majeur vs Mineur Reloaded

Il semble qu’en ce moment ça soit la mode de tripoter dans les modes. Non, je ne cause pas chiffons et soldage, je cause musique, solfège même (pouah !). Car majeur et mineur sont ce qu’on appelle des modes, un mode étant l’agencement de tons et de demi-tons obtenu sur une série ascendante de sept notes naturelles selon sa note de départ. La gamme occidentale contenant sept notes naturelles il existe donc sept modes, celui le plus facile à citer en exemple étant le mode majeur, autre nom du mode de do. Je traduis : si je chante do ré mi fa sol la si do de ma voix de sirène, c’est le mode de do et c’est une gamme majeure.

La question étant donc : mais qu’est ce qu’elle vient nous pomper l’air dès le matin avec ça, que de toute façon on sentira jamais la différence entre du majeur et du mineur, et ressers-moi plutôt un peu de thé merci ? Ben j’ai vu passer il y a deux jours un Nothing Else Matters de Metallica pas hyper bien majeurisé, donc je ne trouvais pas qu’il méritait de se transformer en petite pédagogie à deux balles. Mais ce Losing My Religion de REM me semble plus propice à la démonstration : en mineur tu fronces les sourcils, en majeur tu es à la limite de te transformer en Chantal Goyave rose bonbon pour le reste de la journée.
Oui ? Non ? Chipote pas, même sur moi qui ai encore dormi comme une bouse ça marche, alors camembert.

I can’t draw animals…

Et bien moi je ne sais pas dessiner des méduses. Et pourtant ce matin j’en ai vu plein, c’était une première du genre. Oui oui, c’est arrivé ce matin, dans mon lit, quand pour la Xème fois cette semaine le sommeil s’est fait la malle peu après 6h00. Quand je me dis que c’est pas bien grave vu que je suis en vacances et que pour glander on n’a pas besoin d’être en forme. Quand je me console en régressant et en faisant comme quand j’étais petite, et que les yeux fermés je contemple pendant une heure environ – et avec un émerveillement certain – le faux noir qui s’agite à l’intérieur de mes paupières.

Car, souviens-toi, il y a une vie terrible dans des yeux fermés. Peu de couleurs, certes : les lumières sont jaunes orangées et le fond marron-gris, mais quelle agitation folle ! Les formes palpitent, c’est nébuleux comme des nuages mais en accéléré. J’y vois souvent des étoiles filantes, par exemple. Et bien ce matin, figure-toi que j’ai vu des méduses nager ; ça a égayé mon rêve éveillé parce qu’il m’arrive plus fréquemment en ces cas-là d’avoir des visions spatiales qu’aquatiques. Leurs corolles oranges étaient gracieuses, elles avaient de tous petits filaments mignons et filaient comme de jolis bébés lampions.

Quoi ? Non, rien, et un raton-laveur dans mon rien, merci.

(psst, le bandeau vient de )

Flocons & Chatons

Je sens que je déborde d’amour et de bienveillance, le réveil définitif à 04:36, sans doute…

Donc forcément, dès potron-minet j’ai eu envie de choses inavouables, d’un machin à la fois insupportable et plutôt marrant, un truc à ne pas prendre au sérieux, quoi. Une créature pleine declichés à paillettes, des cartes postales tartes, de bestioles appartenant au folklore de décembre, le tout assaisonné de trois tonnes de Merry Christmas et d’un remix du solo de cor anglais de la Symphonie du Nouveau Monde. Mais mais… mais dis donc c’est fou comme le hasard fait bien les choses (ça doit être ça, la magie de Noël un mois trop tôt) !

Cornershop ft. TRWBADOR  : Every Year So Different

What The Saturday

Et c’est au beau milieu de mon 15ème quart d’heure de sommeil merdique (sommeil qui tentait pitoyablement  de perturber ma nuit de résistance à la démangeaison zonesque)(il fait chaud, et en ces cas-là c’est le drame) que j’ai rêvé que mon patron – oui, mon patron,  the conductor, le chef, Herr Dirigent, le big boss, celui dont je suis carrément plutôt fan – venait me parler entre quatre zyeux pour m’expliquer qu’il adore me voir jouer.

Parce que j’ai, je cite : "le sourcil sentimental".

Lol…

Sinon depuis hier soir je me pose plein de questions sur la vie sexuelle des hérissons.

Sans preuve visuelle, et sur un fugitif aperçu, je commençais à me douter que Gaston n’était pas le seul hérisson de la cour/jardin, vu que je commençais à trouver qu’il faisait décidément énormément de cacas (que j’adore balayer, tu imagines bien). Avant d’aller rêver des conneries d’insomniaque, j’ai entendu une sorte de halètement puissant, frénétique et suggestif dans la nuit moite. Le temps d’allumer dehors et de revenir à la fenêtre pour me payer une tranche de voyeurisme animalier, les deux bestioles s’enfuyaient, donc je ne saurai pas cette fois-ci, mais :

Que faisaient ils vraiment ? Les hérissons sont-ils condamnés au missionnaire pour ne pas s’irriter le ventre ? Si ça se trouve ils étaient juste en train de taper le carton d’ailleurs,  et le hérisson halète pour rigoler. Mais quand même, sacré Gaston… Existe t-il des couples homosexuels chez les hérissons ? Dois-je baptiser l’autre Suzon ou Léon ? Vont-ils tourner dans un remake troublant de Erotica ? Dois-je parsemer ma cour de gratounettes pour pimenter leur vie sexuelle ?

Et si j’allais plutôt m’enquiller 6 heures de déchiffrage de Wagner pour me changer les idées, hein ?

La ride du tigre

C’est Chouyo qui m’a baptisée un jour tigresse, le temps passe et plus ça va, plus l’animal vient à moi. Les tigres, je les remarque sans les chasser, j’en trouve sans les chercher, on m’en offre parfois, ça n’est ni une obsession ni une collection et c’est bien comme ça. Et puis après tout, ça tombe pas si mal : un tigre n’est jamais rien d’autre qu’un gros neko tigré…

Sauf qu’aujourd’hui la tigresse rugit sa faiblesse. La tigresse ne sait plus quoi faire et se ronge les griffes, elle perd patience face aux caprices volages de sa machine corporelle. C’est comme si la météo de ses muscles collait avec celle, un peu poisseuse, de sa ville en ce moment : un genre de giboulée d’avril qui fait ce qui lui plait.

Un jour oui, un jour non, un jour en état de soulever des montagnes, et l’autre roulés en nœuds, les précieux auxiliaires de son métier sont devenus aléatoires et peu dignes de confiance. Ils l’empêchent parfois de dormir mais elle refuse de se mettre en colère contre ses muscles chéris, car voici enfin venu (car oui, il y a aussi beaucoup d’enthousiasme à la clef) le moment de l’année où elle en a le plus besoin. C’est juste qu’elle aimerait bien comprendre pourquoi les thérapeutes qui ont toujours su s’y prendre avec eux sont cette fois-ci moins efficaces.

Elle a beau avoir un côté rouleau compresseur, savoir que sa force est toujours d’arriver à avancer coûte que coûte, elle gère mal l’inconstance de son corps et les douches écossaises au moral qu’il lui impose. Sa confiance en elle vacille un brin à mesure que l’angoisse de ne pas réussir à gérer l’empilage opéra/musique de chambre/tournée de trois semaines pointe son museau.

Bref, la tigresse fronce tous ses soucis en tripotant ses moustaches et tourne en rond.

Je sens qu’elle n’est pas près d’arrêter de fumer, moi…

(oui, je suis pas drôle, tu as compris : ceci est un jour sans)