Fourche ta langue

Mon premier ricanement du jour sera donc pour contre Éric Besson qui ce matin sur France Inter, au milieu de son bla-bla lénifiant, a bafouillé une contrepèterie involontairo-dyslexique toute verte. Il a failli réussir à dire Greenpeace du premier coup, mais je le jure, je l’ai bien entendu fourcher et dire “Grise… euh, Greenpeace”. Allez, Éric, au recyclage, va…

Je sais, c’est gras, c’est bas, c’est petit bras… mais voilà au moins une réponse à un tag que m’a collé Nicolas la semaine dernière : il s’agissait de parler des sujets qu’on n’abordait pas sur son blog.

Oye… étant donné le manque de ligne pseudo-éditoriale de cette page batifolante où on aura un peu tout vu (du chat parental à François Feldman en passant par mes jambons, Shahrukh Khan et Richard Strauss), c’est difficile à dire. La chose que je sais avec certitude que je n’arriverai jamais à faire ici (à part un compte-rendu d’un baptême de saut à l’élastique, vu que j’ai le vertige sur une chaise) c’est dire du bien du couple impérial droitier qui nous gouverne et de l’insupportable troupeau de pingouins dont il s’est entouré. Et je crois bien que c’est tout.

Ah non : quand je parle de saut à l’élastique, je pense toujours à Alain Bashung qui ment la nuit dans le Vercors avec des murènes, et je crois que n’arriverai jamais à dire que sa voix ne me fait pas un effet bœuf.

Bon, évidemment, si tu veux être le chat, sers-toi.

Lady Gaga mérite des gifs

J’aurais dû me méfier et ne pas prononcer son nom hier soir, même à la légère, car on dit de certaines harpies que leur ouïe est fine et que leur vengeance frappe sans pitié…

À ma décharge, comment aurais-je pu prévoir que celle que je n’avais jusque là entrevue qu’en photo (déguisée en entrecôte), ou peut être 30 secondes en vidéo, allait me tomber dessus violemment au moment où j’ai arrêté mon lecteur DVD, me faisant ainsi choir brutalement du paradis cinématographique dans l’enfer façon Meuh 6 ? J’ai pris peur, j’ai été vilaine et la sorcière m’a punie à coup de GMI (Grande Méchante Insomnie). Après trois pauvres heures de sommeil, et par peur de ne pas tenir le choc si la chose se reproduit cette semaine (qui ne contient rien qu’un dîner où il faut se maîtriser un peu et trois concerts) , j’ai donc décidé de demander à la lune pardon à la dame.

Chère Miss Neuneu Lady Gaga, je te prie de m’excuser pour mes propos d’hier. Non, tu n’es pas effrayante, j’admire même ton goût vestimentaire très sûr. Il est même probable que je te demande où tu t’es procuré ce jus de schtroumpf que tu as utilisé pour teindre ta perruque. On te dit vulgaire et trop dénudée, mais tu as bien raison : quoi de plus naturel que de montrer ses fesses pour vendre de la bouse ? Et puis c’est très ingénieux et du meilleur goût de porter un string par dessus son collant pour l’empêcher de descendre, moi je n’y aurais jamais pensé.

Mais ce qui chez toi m’a touchée hier plus encore que le reste, ce sont la grâce de ton absence de graisse (tu as des très beaux os bien saillants), et tes talents de danseuse adaptés à tes chorégraphies sublimes et délicates.


(oui, en ce moment, je tricote des gifs)

Ma palme dort *

[moi pas contente donc moi spoiler, je préfère prévenir]

J’avais déjà envie de voir The Tree Of Life de Terrence Malick avant que le Festival de Cannes ne le récompense à coup de feuille qui brille, j’ai donc un peu bondi sur ma soirée libre de la semaine pour aller au cinéma hier.

J’aurais tant aimé aimer ce film, son côté contemplatif et esthétisant, ses velléités symbolistes et ses peintures toutes en grandeur et en nature… or pendant tout le premier épisode onirique consacré aux éléments j’ai eu d’emblée l’impression d’être devant une expo photo ayant pour thème les fonds d’écrans (et je ne dis pas “écrans de veille”, parce que j’hésitais entre le rire et le sommeil). C’est beau mais tellement cliché : femme = petite fée des bois pleine d’amour = lumière. Vie = arbre = ciel = nous sommes si petits dans ce monde cruel qui nous entoure. Je riais déjà intérieurement quand le réalisateur, après nous avoir baignés dans l’eau, enfumés dans les volcans et envoyés en l’air, nous a expédiés dans l’espace. J’ai failli m’esclaffer quand il nous a fait le coup du dinosaure (si si). Bref, ce qui est supposé être beau, planant et rêveur ne m’a pas émue pour deux ronds.

J’aurais aimé aimer le casting, mais je cherche encore où était Sean Penn, j’ai vu un mec avec l’œil hagard et/ou tourné vers le ciel. Trois fois dix secondes, il dit peut-être un mot. La femme est donc amour et pâquerettes, son rôle est bien défini, elle est belle et sourit bien (brave Jessica Chastain). Brad Pitt serre la mâchoire en guise de tension et de sévérité, il fait un papa psychorigide plutôt honorable. Ce sont au final les enfants qui m’ont le plus touchée (et tout le monde sait que je m’y connais vachement en enfants).

J’aurais aimé aimer la caméra. Oui, c’est beau et joliment filmé mais je n’aime pas ce côté succession de tableaux,et  j’ai eu la sensation de voir défiler toutes les tranches d’un saucisson. 2h18, c’est long pour un vidéo-clip quasiment muet. L’avantage : j’ai drôlement bien dormi cette nuit, j’ai même réussi ma première grasse mat’ depuis des siècles !

J’hésite à m’attarder sur le côté bien pensant et moralisateur, je vais virer vilaine (et vilaine, ça rime avec Amen). Mais bon, tout a une certaine logique : je n’ai pas accroché au sens esthétique de Malick dans ce film (c’est le seul de lui que j’ai vu, j’aimerais qu’on m’en suggère un autre, d’ailleurs, histoire d’avoir un point de comparaison). Et comme par hasard, j’ai aussi eu du mal avec la bande son : un Lacrimosa grandiloquent par-ci, un chœur final chanté faux par-là, deux trois extraits de Best-Of musique classique volume 2… à la limite, ça je peux comprendre.

Mais comment peut-on ne serait-ce qu’avoir l’idée de tronquer et de bidouiller un moment aussi merveilleux que l’introduction de la Titan (1ère symphonie) de Mahler ?? Sacrilège !


Je suis incompréhension, je veux voir d’autres films qui étaient en compétition parce que là je trouve que c’est une palme qui fait couac.

* Lecteur, si tu me trouve vaseuse dans le titre, sache que j’ai failli appeler ce papier “Honni soit qui Malick pense”, et toc.

Color débloque

Je m’en vais voir dans les rues de Paris si vraiment la tendance so called color block trouve un réel écho chez les clientes acheteuses fashionistas. Parce que dans ma campagne toulousaine, nada.

Et j’avoue que c’est tant mieux, car je ne me sens pas encore psychologiquement prête à avoir Bioman pour idole vestimentaire (pourquoi diable ne laisse t-on pas la mode des années 80 reposer en paix avec trois bouquets de fleurs par dessus ?)

Point de croix

Mécréante-attitude, quand tu nous tient…

J’ai ramené quelques images de mon très bref passage à Lourdes vendredi dernier, donc âmes sensibles et/ou religieuses s’abstenir. Car je n’ai pas beaucoup de tendresse pour cet endroit. La raison en est assez simple : outre le fait que l’art pictural y est pire que moche, l’ambiance plus que glauque et que je ne suis pas croyante (enfin, plus, pour être exacte), j’ai beaucoup de mal à accepter que Jésus, après avoir chassé dans sa primesautière jeunesse les marchands du temple, soit maintenant devenu complice, actionnaire et bénéficiaire majoritaire d’une industrie locale basée sur une histoire (bidon) de bidons. Bidons simples ou bidons kitschs…

En matière de merchandising, tout est à peu près permis et d’un style plus qu’exquis. Et si jamais tu t’éloignes du droit chemin, il est toujours une paire de papes peints pour te rappeler à ton devoir spirituel à coup de houlette sur ta tête de brebis.


Du spirituel au spiritueux… jamais au fin fond de mon mauvais esprit je n’aurais pu imaginer qu’on ose aussi exploiter le handicap des malades pour en faire une enseigne.

The VVMG (Very Very Mauvais Goût) Award goes to… Les Brancardiers ! (applause)

Bon, voilà, je retourne broder en enfer, car “Point de Croix” est mon credo. Et en guise d’épilogue, si certains se demandent ce qu’est devenue Bernadette Soubirous, je peux affirmer que la dernière fois que je l’ai vue, elle se tortillait sous une boule disco.

La daube différée du dimanche : Docteur Troie

[ce programme est proposé en différé pour cause de lobotomie surbookée, veuillez nous excuser pour la gène occasionnée]

Dimanche dernier, toute enfiévrée de virus ramollissant, j’ai décidé de ne pas me violenter le neurone. J’ai eu envie de cultiver mon jardin niais. Et va savoir à cause de qui (mais je suis quasiment sûre que c’est la faute à Chouyo, hé hé hé),  mon choix s’est porté sur un péplum moderne : Troie. Oui, j’ai choisi Troie, et pas 300 comme elle le suggérait parce que j’avais peur de ne pas être capable de compter aussi loin (je sais toujours pas compter), et puis aussi parce que je voulais voir Orlando Bloom avec des bouclettes et Brad Pitt en jupette. Oui, parfois, j’aime beaucoup l’idée que je mourrai encore un peu plus bête.

Donc Troie… sang, sueur, poussière et testostérone et… pas grand chose d’autre, en fait. Ou alors si : du comique involontaire à la pelle. Pas juste les calembours à la con qui se bousculaient dans mon cerveau embrumé, du genre “en Thessalie c’est tous des malpropres”, hein. Parce qu’il faut l’avouer, le premier gag hilarant de ce film, c’est Brad. Franchement, je sais bien qu’ Achille est un demi-dieu trop fort dans ses muscles et dans son corps, mais bon, normalement il est quand même un peu méditerranéen comme garçon ? Brun et ténébreux et tout ça ? On pourra dire que j’ai des clichés plein la tête, mais trouver un blondinet à petit nez et à mâchoire carrée crédible dans ce rôle, comment dire… c’est un peu comme croire que Frédéric Lefebvre est un grand homme de lettres.

Mais heureusement, il n’est pas seul dans sa blonditude parce qu’on aussi Diane Kruger dans le rôle de Hélène l’hellène.

Honnêtement, le film aurait du s’appeler Achille, parce que tout tourne autour de lui : c’est un vilain méchant teigneux orgueilleux insupportable qui ne respecte même pas la tête des statues divines. La sienne, de tête, on se demande encore comme elle rentre dans son casque, tellement il se la pète. Certes, il est con comme une valise mais on note qu’il arrive quand même à embobiner sa prise de guerre (Briséis) et à la mettre dans son lit (syndrome de Stocholm).

Voilà donc réunis dans cette histoire tout un gang de rois barbus (qui s’avancent, ‘bus qui s’avancent…) prêts à tout pour venger leur soeur/cousin/femme/cheval/frère de beuverie/ours en peluche/j’en passe et des meilleures. Vengeance saignante donc, mais surtout, surtout (et là quand même c’est fort, Homère Simpson a du faire des triple saltos arrière dans sa tombe) quête de postérité et soif de gagner sa place dans la mémoire collective du futur de dans 2000 ans. Voilà une interprétation de cette tragédie qui me laisse pantoise, je crois bien que le scénariste et le réalisateur avaient abusé de la Nouvelle Star au moment de la conception du navet.

Et diantre, j’ai failli oublier la musique : pompeuse, un merveilleux megamix raté de la BO de Peter Gabriel pour la Dernière tentation du Christ de Scorcese, de la bataille sur la glace dans Alexandre Nevski de Prokofiev/Eisenstein et du thème du final de la 5ème de Shostakovitch copié note pour note.

Bref, la peinture donnée dans ce film de la guerre de Troie nous apprend tout de même trois choses essentielles : que quand on est blond et musclé, on trouve toujours quelque chose à mettre dans son pieu, que les grecs dormaient dans des yourtes (ce sont des gars très nature), et que cette ville est donc sans conteste la patrie de l’andouillette depuis la nuit des temps.

Ah si, pardon, je suis vache : le cheval est très joli.