Samedi pornographie

Hier à Perpignan, pour tromper la déprime liée à une météo tellement aquatique que le Commandant Cousteau lui-même n’aurait su y retrouver ses marsouins (hmm, le doux schgniik schgniik des baskets imbibées le soir au fond des bois !), je me suis lancée dans une nouvelle carrière à tendance culturelle : j’ai auditionné une actrice pour tourner dans un film de lard et dessert *. Oui, tu as raison, ça sent l’énorme niaiserie à plein nez, cette affaire. Elle avait un joli nom très CineCittà, et puis surtout elle avait l’air charmante, Gina Pannacotta. Mais finalement je l’ai renvoyée chez elle. Trop de silicone, je crois.

* J’ai encore avalé un almanach Vermot, mais faut pas m’en vouloir : cette tournée, bien que courte, était épuizzzz…

La daube du dimanche en vacances

J’ai pas mal hésité, j’avoue. Mais il faut bien l’avouer, quand on choisit en toile de fond pour des trajets en voiture du moment “le son pop-rock” une radio pour vieux cons qui ont connus l’époque de Croque vacances, des mange-disque et des walkmans, c’est pas l’embarras du choix de la daube qui manque.

J’aurais pu être super moderne et choisir ce merveilleux titre de Jali rien qu’à cause de cette très jolie phrase qui me fait frémir d’émotion à chacun de ses 15 passages* à l’antenne quotidiens : “Fais gaffe en traversant j’ai croisé pas mal de renards.

* Simple déduction statistique, car là où je suis on ne pratique pas la torture musicale, ou alors involontaire (à coup de gamins accros à la pub Nutella qui couinent Glorious en boucle)(juste, ce qui est déjà ça, mais bon quand même).

Mais j’ai finalement préféré Gérald De Palmas (qui pour ce post était en finale avec les Gun’s & Roses) parce que comme moi en ce moment il est au bord de l’eau. Ceci est aussi une charmante chanson à texte dans laquelle il explique qu’il passe des heures à se taire. Sauf quand il est devant un micro en studio, ce qui est bien dommage.

Ludwig Van Ciccone

Le baromètre de la niaiserie est formel : ça sent la fin de saison et la fatigue de fond. Ça sent aussi la dernière ligne droite en forme de grande tournée intercommunale interdépartementale du coin. Et puis j’ai mal dormi, hier soir pendant la répétition j’avais faim, faut que j’aille chez le coiffeur et le chat a vomi sur ma copie.

Je dis tout ça parce que je sens bien qu’il me faut des excuses piteuses et lamentables au raccourci que je m’apprête à faire, au sacrilège (à chacun d’en déterminer la victime selon ses goûts) que je suis sur le point de commettre.

On est bien d’accord qu’il ne s’agit pas d’une affaire de style, car même dans le final de sa 3ème Symphonie (qui est bien plus fou-fou que la magnifique Marche Funèbre de l’Adagio), on ne saurait qualifier Ludwig de sulfureux. Badin, éventuellement, allez (c’est les soldes, derniers jours et promotions sur des tas d’adjectifs sympas).

Mais on n’y peut rien, c’est comme ça, ça n’est qu’un constat : entre Ludwig Van et Madonna, il n’y a qu’une lettre.

Et ne vas pas dire que je suis vraiment très nulle au Scrabble (de toute façon c’est vrai et je m’en fous car je joue pour jouer, moi, madame) parce que tu ne vois pas le rapport. C’est pourtant évident (surtout pour ceux qui lisent de travers, suivez mon regard louche) : il n’y a qu’un T entre la 3ème symphonie, dite Eroica de Beethoven, et un tube qui figurait en 1992 sur un album (qui ne me fascine pas trop) de Madame Ciccone.

Après cette intervention minute totalement capillotractée et dispensable, je retourne essayer de me réveiller. Pardon, hein, et bonne journée quand même.

Délicieusement kawaï

Au chapitre des choses totalement inutiles et donc indispensables…

Un œuf de lapin. Ou une tête d’œuf. Ou plus exactement un œuf dur moulé en forme de bestiole grâce à un ustensile forcément made in Japan. C’est très niais donc j’adore. J’ai aussi fait un œuf d’ours mais comme la poule avait pondu un peu généreux, le rendu était moins net. Je me suis consolée en me disant qu’on ne bouffait pas de l’ours blancs tous les jours…

Je me demande si Chouyo a déjà tenté l’expérience, tiens. Et si non, message personnel : tu feras attention parce que le chaud lapin et la peau d’ours, ça brûle un peu les doigts…

Et je remets le son !

Bosser Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns a d’abord déclenché chez moi une avalanche de références niaises.

Ça a été de Véronique et Davina à Dalida (je l’avoue, j’ai même été jusqu’à Véronique Sanson et Dalida). Mais avant tout, pour moi et mes souvenirs de soirées télé pleines de westerns et de peplums, Samson et Dalida c’est Victor et Hedy (en cliquant sur la photo de la sublime Hedy Lamarr, on gagne une bande-annonce sous-titrée en espagnol de cette épopée biblico-DeMillesque).

Et depuis quelques jours Samson et Dalida a pris sa place dans mes oreilles, avec son romantisme assez sucré, parfois un peu académique, mais surtout quelques atmosphères et thèmes vraiment splendides dans leur genre, genre que j’ai pourtant toujours un peu craint (la désuétude fin XIXème c’est pas ma tasse de thé, à la base). Une vraie bonne surprise, donc.

Bon, le gag c’est quand même que Samson est resté seul quelques jours, vu que la prestigieuse Dalila avec laquelle nous devions travailler a momentanément perdu le sien, de son. Et puis hier soir, fraîchement débarquée en catastrophe de son avion new-yorkais, on a vu arriver une Elena Bocharova très très blonde et plus très russe, casquette des vissée sur sa tignasse décolorée, chewant sa gomme… et ben les gars, si on fait pas un malheur à Toulouse ( X2 ) et à Paris avec cette merveille-là, c’est qu’on n’est pas doués : le timbre, le phrasé, la maîtrise, tout, elle a tout. Franchement, c’est pas juste parce qu’en ce moment je bouge pas trop bien (mon amie Lombax et moi, on s’accommode l’une de l’autre), mais elle m’a clouée à ma chaise !

Mon cœur s’ouvre à ta voix.

SOS Plomberie

Quand je pense que je stresse pour mon robinet de cuisine qui goutte une fois par minute et que j’appelle ça une fuite…

Je m’en vais d’ici quelques heures tourner la page lausanno-genevoise de mes petites vacances. Le soleil y aura brillé très bleu, et les sourires  y auront  été archi-chaleureux, les bras grands ouverts, les rencontres impromptues vraiment plaisantes, et les rires délicieusement niais.
En tout cas, ce qui se confirme sur cette carte postale, c’est que l’Helvétie est un pays où l’horizon n’est pas toujours droit.