Nurse Jekyll et Mrs Hyde

Besoin d’un remonte pente cause énervement passager.

( Oh, flûte zut pooh, j’ai tué une personne âgée avec un pot de fleur, épilé tout un cactus par pure mauvaiserie gratuite et empalé un poussin tout jaune et tout fluffy avec un parapluie par mégarde, dis donc … )

Non, mais ça va aller, hein. Et vive le ski !

Et faut que je vais compter mes chaussettes vivantes, tiens, voilà une activité intellectuellement reconnue par la société.

Groumff. Tout noir.

Tu comprends rien? C’est normal. Regarde et rigole, ça pourrait aussi me rendre aimable par contagion…

comme les carottes.


Le grand précieux du ridicule

Après une petite ambiance Noir c’est noir… la vie est belle : je suis zenfin redevenue extrêmement sotte ! Et que vivent les nez rouges, et les rires en mode niaiserie très poussé.

Pour résumer mon début de weekend, donc, un splendide vrac et un désordre amusé total. De l’art parfois un peu con mais surtout temporain, du noir gluant qui dégouline (schgnîîk), de la douce famille à l’énergie qui réchauffe,  un restau qui joue avec le rouge (et des couteaux qui rappellent Rahan), des lieux religieux à la muséographie nocturne étrangement hypnotique et magique, “quelques” verres, et de la morue (je n’oublierai jamais son cabillaud), encore et toujours, et jusque dans mon assiette, tiens !

Et pour la kitscherie musicale du jour, hommage rendu à frère de moi : j’avais oublié l’existence de Michel. Car oui, à peu près à la même époque, pendant que Polnareff enlève le haut, Delpech met le bas (oui, je sais, j’ai léché un Almanach Vermot ce matin).

“C’est comme un soleil
Dans le gris du ciel
Wight is Wight
Hippie, hippie, …pie”

(apparemment, j’ai du lécher un mégot de pétard aussi, mais alors le hic, c’est que je ne m’en rappelle même pas…)

Auto

- Persuasion: Mais non, je n’ai pas la trouille d’aller me faire trouer la peau demain. Je vais bien, tout va bien.

- Mobile: N’empêche que conduire en pleurnichant c’est pas facile: on aurait du inventer depuis belle lurette des essuie-glaces spéciaux pour les yeux, et un bras automatique qui essuie le nez …

- Matisme: Vite, une musique qui me ferait du bien/du mal, ou les deux à la fois (parce que je ne me suis jamais remise du fait que Beck est sciento-illogique, entre autres) parce que d’accord, il y a l’harmonica, mais on y parle de sunshine et de happiness.



- Mutisme: je vais me transformer en ourse jusqu’à ce que la tempête soit passée. Manger, laver, caverne, même si je ne peux pas fermer l’oeil.

Groumff !

Des bleus partout

Une fois n’est pas coutume, point de gourderie à l’horizon. C’est juste que …

J’annonce la couleur !

Me voilà avec un défi lancé par la créatrice du panda littéraire.


Défi, car le bleu n’est pas une de mes teintes fétiches, loin de là. Rouge, violet, vert flashy, noir c’est noir, oh oui …


Mais BLEU ?? Points d’interrogation. En gras (n’en déplaise à certains)

La méthode a été simple: tout ce qui traîne ses guêtres bleues a été amassé, de l’éponge aux chaussettes en passant par les vases et les fromages en cours de mutation biologique. Il y a eu casting, interviews. J’ai éliminé tout ceux qui voulaient la paix dans le monde, qui chantaient comme Whitney Dion, et qui ne savaient pas poser comme il faut avec un bandeau “Label bleu” en travers du poitrail. J’ai négocié avec les agents pour être payée en ornithorynques en peluche, ils ont tous refusé, je boude (j’en aurai un, un jour, je le jure!).

Au final, le jeu des sept images qui racontent un bout de ma vie est quand même complet.

And the winners are:

Dans la catégorie “Mon biotope”

- Un pot à quelque chose début XXème offert par une vieille dame quand j’étais pitite. J’aime ce pingouin d’amour tendre.

- Une armoire indienne à barreaux qui trône dans mon salon. A travers sa porte ouverte, une belle paresseuse pensive, œuvre d’art familiale que j’aime aussi d’amour tendre, mais plus.

Dans la catégorie “Mes nourritures terrestres”

- Une grosse boîte de trucs qui se mâchouillent, car oui, maintenant je fume des chewing gums. Seulement. Ou presque.

- Ma source principale de vitamines, d’oligo-éléments et de produits frais, la base inébranlable de mon alimentation saine et équilibrée, matin midi et soir. Ou presque.

- Posé sur un Lotus Bleu, un joli nécessaire pour boire des litres de thé. Jamais trop de bols japonais, jamais. Mes placards, eux,  crient “Ou presque”.

Dans la catégorie “Un échantillon de nourritures spirituelles”

- En vrac, un tas forcément non représentatif et restrictif de sources de plaisirs qui se rangent à la verticale et dont la tranche était de la bonne couleur.

- Last but not least, “De la musique avant toute chose”! Une bible, ma référence à moi, sa reliure décollée qui a beaucoup servi (et c’est loin d’être fini!), ses souvenirs, ses larmes de rage ou de peine, ses fiertés et ses joies.

(Et un Totoro en guise de raton laveur …)





Et comme sans l’autre bande son qui rythme ma vie, le portrait serait incomplet,

Sir Bowie nous parle de mon accoutrement bleu favori.

Postescriptoum: C’est le moment douloureux où je suis supposée désigner les “Sept victimes mercenaires” suivants à taguer. Le hic étant que parmi mes lectures ouèbesques, je vois assez peu d’auteurs susceptibles de se prêter à la chose. Je décide donc de tricher: c’est celui qui veut qui s’y colle, voilà. Il/elle n’aura qu’à dire que ça vient de moi, c’est cadeau.

Jungle fever

Trente degrés. Insomnie encore.

Température torride persistante dans tanière, malgré courants d’air all night looong (all night). Je ne vois qu’une seule issue : être en accord avec mes instincts premiers, et recréer totalement mon environnement. C’est elle qu’il me faut : la jungle.

Shopping list : acheter des bananiers, des banians, des cocotiers et des fougères arboricoles, une cascade (oui, je sais, ça commence à être un peu serré dans cet appartement), tapisser les murs de plantes grimpantes et lianantes. Troquer mon lit (déchirement) contre une cabane, un nid perché ou une chose du même style. Quelques cacatoès, et un félin sauvage, éventuellement noir ou tigré.

Trouver un nouveau maillot sauvage mais glamour (en revanche, je mets un veto sur l’imprimé panthère), un drap en peau de zèbre ou de girafe (oui, je mélange avec la savane, mais c’est pour l’ambiance) et une lampe anti-moustiques fonctionnant à l’huile de palme. Avoir peur qu’une mygale, un boa constrictor ou une sangsue (limace à crocs) se soient glissés dans la panoplie … comment ça, kitsch et cliché?

Et oups, j’allais oublier, dis donc ! URGENT: recrute Tarzan !

Si possible pas trop bodybuildé (photo non contractuelle, ne veux pas d’un gars qui s’accroche à une liane qui ne pend de nulle part), conversation en langage humain exigée (primates et klingons s’abstenir), éventuellement fantasmagorique mais point trop n’en faut, allez.

Écrire au bureau. Demander Jane.


La peur sans salaire

Demain, certainement, la nouvelle reprendra sa dimension normale …

Oui, c’est sûr, demain, je serai une grande et belle autruche raisonnable, pragmatique, bourrée d’un optimisme de bon aloi, lui-même étayé par des statistiques souriantes. Demain j’aurai dormi, repris des forces et de la distance face à ce qui n’est très probablement qu’un grain de sable dans la machine.

Un coup d’aspirateur, et le grain devrait faire ses valises, piou piou, la vie en rose.

Sauf que la machine en question, c’est mon corps.

Et que ce soir, je me sens comme Alice: mon sens commun a vacillé, tout est devenu énorme et je suis beaucoup trop petite pour y faire face sans pleurer pour vidanger mes angoisses.

J’ai la pétoche, les foies, la trouille, les chocottes, et tout ce qui s’ensuit.

Moi qui ai toujours été aussi douée pour les maths qu’un lémurien pour le point de croix, je retrouve exactement les sensations que j’éprouvais devant mes toutes premières équations à plusieurs inconnues: peur de ne pas savoir, de ne pas m’en sortir, sueurs froides … mes identités ne sont plus remarquables, je suis amnésique et perdue.

Je trouve surtout que le marionnettiste qui tient mes ficelles a un sens de l’humour et du suspense un peu déplaisant cette année …

(Utiliser ce merveilleux extrait de “Dans la peau de John Malkovitch” mis en musique par mon Bartòk d’amour un jour de morose-attitude, c’est très mal. J’irai brûler des cierges pour expier ce vilain péché le jour où les koalas voleront, promis)


Fumez en une pour moi, maintenant, je vous jure que le sentirai d’ici …

Ce soir, elle aurait été si parfaite!