Ma bonne dame, il n’y a plus de saisons !

Novembre devrait pourtant être le paradis des mouflaines, des pullaires et des chaullants en laine. Or hier soir, dans mon canapé, crois-moi, c’était plutôt torrides tropiques, j’ai eu du mal à rester sous mon plaid : il y avait de la lumière douce, moi et Blow-Up.

(si toi aussi tu as remarqué que la dame a une main droite faite pour casser trois pattes à un homard, lève la pince) J’avais envie de le revoir pour confirmer une impression, un vague souvenir… mais donc maintenant je sais : cet incontestable chef d’œuvre est aussi le seul film qui me donne irrésistiblement envie de fréquenter un jeune crétin de photographe blondinet odieux et un brin pervers, avec une coupe de cheveu pourrie et des valoches sous des yeux bleus légèrement globuleux (toute la soirée mon corps a bouilli d’envie qu’il me prenne. En photo, je veux dire). Et pas que pour l’argent et les bagnoles.

Caramba, rien qu’à voir la main de Thomas/Michael Hemmings, la fièvre de l’été indien me reprend, je le revois dansant derrière l’objectif…quelqu’un a un seau d’eau froide ?

Mais donc, (changeons de sujet subtilement) Antonioni, qui frappe dans Blow-Up très fort à tous points de vue (narration, esthétique, mode, sexe, société, art), se régale aussi avec la musique. La BO est signée Herbie Hancock, et pour la scène du club on retrouve rien moins que Jeff Beck et Jimmy Page sur le podium (et parait-il Michael Palin dans la salle, aussi, tiens).

Ma musique du lundi pour les gens qui ont besoin d’énergie : Stroll On, par les Yardbirds.

Boule de flipper

Non mais reste, je vais pas te faire le coup de te coller du Corinne Charby dans le crane juste avant le weekend, allez (comme je suis bonne ! C’est pas l’envie qui manque, pourtant).

Je vais même rien faire du tout, en fait.

Oui, je pourrais évidemment te raconter comment, malgré un certain nombres de parties où je m’étais lamentablement laissé humilier par la machine, j’ai eu subitement envie de rejouer au flipper (les occasions sont rares, finalement). Je pourrais narrer à quel point je me trouve nulle avec ces engins-là, malgré le plaisir que je prends à tenter ma chance, car je dois avouer une faiblesse assez dépendante au jeu lui-même. Je pourrais te décrire la déception, la honte et le léger ridicule ressenti lorsque quand, après avoir passé un petit temps à hésiter devant la machine (qui pour une fois n’était ni kitsch ni tape-à-l’œil ni trop modeste non plus, juste tentante comme il faut), j’ai fini par me lancer. Ce moment un peu anecdotique, finalement, mais un peu vexant où, après avoir fouillé toutes mes poches à la recherche de monnaie, j’ai investi tout ce que j’avais en stock, un peu fiévreuse. Pour me rendre compte après avoir engouffré mon capital du moment dans la bécane que là, dans un coin, en pas très gros, était écrit "appareil indisponible"…

Mais ça serait pas très intéressant.

Je préfère tenter d’aller sautiller et m’auto-moquer avec la merveilleuse Wonder Woman qui sommeille en mois jusqu’à la piscine à bulles et y noyer ma fatigue d’un mois de boulot et mon moment de honte dont on dit qu’il sera vite passé.

Kakkmaddafakka, un groupe qui cartonne au scrabble. Restless.

Bestioles pascales

(râclement de gorge et communiqué)

Animaux de tous les pays, unissez-vous !

C’est vrai, quoi, ce sont toujours les mêmes qui posent pour avoir le droit de se faire enchocolater pour Pâques, les habituels mignons de service. D’ailleurs on se demande bien jusqu’où ils ont été pour en arriver là. J’imagine que la crevette de la friture n’a pas rechigné à se faire éplucher, que le poisson a été glissant et malhonnête, et que la poule a fait la poule. Et le lapin, ben… je préfère ne pas exprimer le fond de ma pensée (même si ça m’étonnerait qu’il y ait des enfants dans le quartier).

Oui, toujours les mêmes. Et pourquoi pas une hyène enrubannée, un émeu en praliné, un calamar en sucre, un koala en gianduja, ou une langoustine en nougatine ? Pourquoi ne pourrait t-on pas rugir son plaisir en croquant un tigre en blanc et noir ? Pourquoi pas une composition regorgeant de wombats truffés, ou bien même (le summum) un splendide ornithorynque en fin chocolat au lait qu’on casserait pour y trouver des œufs en praliné, hein ?

Quoi, ça se voit à ce point-là que j’ai oublié de me ramener des produits de saison de Suisse ? Oui, je suis une dinde frustrée doublée d’une sacrée cloche. Vais me consoler avec un félin bien croqué, tiens.

Comment tu t’appelles ?

Le bourguignon qui rocke et rolle peut savoir faire preuve d’un splendide sens de l’auto-dérision. La preuve ?

Moi si je fonde un jour un groupe de neo-kraut-shoegaze-punk-rock il s’appellera peut-être The Sparkling Codfish Knows how To Dance With An Octopus (et ne me le vole pas, j’ai déposé le nom au cas où).

J’en profite donc solennellement hic et nunc (et Delenda est Carthago) pour lancer un défi – que dis-je – organiser un concours : invente-toi toi-même un nom de groupe, en précisant le style de musique que tu aimerais défigurer interpréter avec tes amis. La préférence sera donnée à celui ou celle qui saura le plus chatouiller mes zygomatiques. Il ou elle gagnera un truc bizarre et inutile d’une valeur pécuniaire avoisinant le ridicule, mais je ne sais pas encore précisément quoi.

On a jusqu’au lundi 25 avril à minuit, le cachet de l’horloge atomique faisant foi, pour déposer sa proposition dans les commentaires. À vos conneries ? Prêts ? Partez !

La daube lunaire (mais civique) du dimanche

Peut-être que longtemps je me suis couchée de bonne heure, mais hier ce n’était une fois de plus pas le cas. Le bruit des poils qui poussent et le chatouillis des crocs dans ma bouche qui me redonnaient de l’énergie animale, sans doute…

Oui oui, hier, groââr, c’était la pleine lune (d’ailleurs c’est toujours devant le fait avéré que je réalise que ce phénomène reste chez moi étrangement lié à des nuits agitées, du type… rêver que je fais des tartines d’oreilles en décomposition parce que je fais la cuisine avec des potes et que notre garde-manger est une piscine où marinent des bouts de cadavre. Au hasard par exemple). C’est donc le jour idéal pour poser une question qui m’obsède depuis que j’aime perdre mon temps à des niaiseries.

Si certains se transforment cette nuit-là en loup-garou, en ornithorynque-garou ou en opossum-garou… Garou, lui, qu’est-ce qu’il devient ? Un chanteur audible ? Visiblement, un gitan.

Garou veut devenir un homme du voyage (il veut se faire renvoyer chez lui en charter à chaque fois qu’il met les pieds en France ?), il veut avoir la musique dans le sang (c’est pas comme s’il vendait des disques pour faire bouillir sa marmite), il veut des violons tziganes (s’il pense au standard de la justesse selon Bobby Lapointe, j’ai quelques collègues  à lui donner). Et puis surtout, il rêve de chevaux sauvages sur un fondu enchaîné (0’39") qui associe la susdite monture à (je te le donne en mille) une brunasse. Nous y voilà…

Si tu tiens pas plus de 50 secondes devant cette gitanerie en papier mâché, je t’en voudrai pas : il fait beau, c’est le printemps et surtout, je connais ton impatience à utiliser ton droit à t’exprimer et à aller voter pour le premier tour des cantonales (non, là, tu ne ris pas, je suis très sérieuse) !

Parle à ma drogue

Cortisone, ma petite lionne,

la prochaine fois que tu décides qu’à 03h13 ma nuit est terminée, pense un peu moins fort, et rugis en silence. Fous-moi la paix, laisse-moi au moins comater en douceur dans le noir sans me retourner comme une crêpe dans le lit toutes les dix secondes, parce que moi et la couette, à 04h34, on ressemblait à une tortilla mexicaine.

Et comme le neurone et moi on nageait en pleine obsession de cocotiers, le ping-pong vidéo auquel Chouyo et moi nous nous sommes livrées hier a fini par prendre le dessus : je me suis retrouvée assaillie par les reprises rumba mambo cha-cha de l’autre espèce teuton toqué de Señor Coconut (j’en étais restée à ses reprises de Kraftwerk, moi).

T’en veux ? Ça fait bronzer du dedans. J’ai même une vidéo débile avec des cocktails exotiques et des pépées en maillot pour aller avec. Allez, c’est pas cher…

Postescriptoum : Ceci dit, c’est en ces cas-là que tu remarques que Jean-Louis Aubert vient de te chanter sans sourciller que "Les petits castors à ressort, Ils sont encore bien plus forts"…